Le changement climatique ne vas pas affamer le monde

Le changement climatique doit être considéré comme un facteur gérable plutôt que comme une menace existentielle pour l’approvisionnement alimentaire mondial. L’humanité a démontré à maintes reprises sa capacité à accroître la productivité agricole plus rapidement que la population, affirme Karl Iver Dahl-Madsen.

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Karl Iver Dahl-Madsen on climate change and food security at the EIKE Conference

Karl Iver Dahl-Madsen à la  conférence EIKE

Clintel Foundation
Datum: 6. September 2026

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Les prédictions selon lesquelles le changement climatique entraînera des pénuries alimentaires généralisées reposent sur une incompréhension fondamentale du fonctionnement de l’agriculture moderne, d’après Karl Iver Dahl-Madsen, consultant danois en alimentation et environnement (et président du conseil d’administration de l’association danoise climatosceptique Klimarealisme). S’exprimant récemment lors de la conférence EIKE à Halle, en Allemagne, M. Dahl-Madsen a affirmé que l’approvisionnement alimentaire mondial est devenu de plus en plus résilient face aux fluctuations météorologiques et climatiques, car le progrès technologique, l’augmentation des rendements agricoles, le commerce international et l’adaptation humaine sont des facteurs bien plus déterminants que les variations de température moyenne.

 Vous pouvez consulter l’intégralité de la présentation de Dahl-Madsen ci-dessous :

Le point de départ de Madsen était délibérément optimiste. « Je vous assure que nous ne manquerons jamais de nourriture si nous agissons de manière rationnelle », a-t-il déclaré à l’auditoire. Pour Dahl-Madsen, la clé pour comprendre l’avenir de l’alimentation réside donc non pas dans l’extrapolation de risques climatiques isolés, mais dans l’analyse de l’évolution concrète de la production alimentaire au cours du siècle dernier.

Selon lui, les données historiques sont difficiles à concilier avec l’idée que les changements climatiques ont fait peser un fardeau croissant sur l’humanité. Au cours des cent dernières années environ, la population mondiale a quadruplé, mais la productivité agricole a progressé encore davantage. Parallèlement, l’extrême pauvreté et la mortalité infantile ont considérablement diminué, l’espérance de vie a augmenté et l’accès à l’électricité s’est généralisé. La disponibilité alimentaire, d’après sa présentation, s’inscrit dans cette même dynamique de progrès technologique et économique.

Impact marginal

L’argument principal de Dahl-Madsen est que le climat est un facteur relativement mineur comparé au développement technologique. La disponibilité alimentaire mondiale a continué d’augmenter car les agriculteurs répondent à la demande en accroissant la production, en améliorant les rendements et en réduisant les coûts. « L’impact du climat, s’il existe, est marginal comparé au développement technologique », a-t-il déclaré.

Cette distinction entre climat et technologie est cruciale pour son analyse. La production agricole ne réagit pas passivement aux conditions environnementales, a-t-il affirmé. Les agriculteurs diversifient leurs cultures, améliorent leurs méthodes de culture, utilisent des engrais et des pesticides, adoptent de nouvelles variétés et ont de plus en plus recours à la machinerie et aux technologies numériques. Par conséquent, une variation de température ou de précipitations susceptible de réduire le rendement d’une culture donnée dans une région donnée n’entraîne pas nécessairement une baisse de la production alimentaire mondiale.

Le Danemark en est un exemple. Dahl-Madsen a souligné que la production de blé du pays a quasiment doublé depuis 1960, passant d’environ quatre tonnes à près de huit tonnes par hectare. Plus généralement, les rendements ont augmenté en Europe et dans le monde. Il a surtout fait remarquer que les fluctuations de la production agricole tendent à s’atténuer à l’échelle mondiale plutôt que locale. Une mauvaise récolte dans une région peut coïncider avec une bonne récolte ailleurs. Le commerce international permet la circulation des denrées alimentaires entre ces deux régions.

C’est pourquoi Dahl-Madsen rejetait fermement l’idée que les pays devraient viser l’autosuffisance alimentaire. L’agriculture locale peut être très vulnérable aux aléas climatiques, tandis qu’un système alimentaire mondial intégré répartit les risques. La sécurité alimentaire, selon lui, ne consiste pas à tout produire au niveau national, mais sur la capacité d’acheter et de vendre des produits alimentaires au-delà des frontières.

Adaptation

Il a également contesté l’idée que la hausse des températures entraîne nécessairement une baisse des rendements agricoles. Les plantes peuvent se développer dans une large gamme de températures, a-t-il affirmé, et les agriculteurs peuvent adapter leurs cultures aux changements climatiques. Selon lui, un réchauffement de quelques degrés ne constitue pas automatiquement une catastrophe pour l’agriculture.

L’adaptation est donc l’un des éléments les plus importants qui font défaut dans de nombreuses évaluations pessimistes, selon Dahl-Madsen. Les agriculteurs se sont toujours adaptés aux conditions climatiques changeantes, et rien ne permet de supposer qu’ils cesseront de le faire à l’avenir. Il a notamment critiqué les évaluations qui calculent une moyenne de projections réalisées avec et sans adaptation. Une telle approche, a-t-il suggéré, sous-estime la capacité des producteurs agricoles à réagir aux circonstances changeantes.

L’eau, plus que la température elle-même, est potentiellement le facteur le plus préoccupant. Les plantes ont besoin d’eau, et la sécheresse peut entraîner des conséquences importantes sur les rendements. Pourtant, Dahl-Madsen a fait valoir que les scénarios climatiques disponibles ne permettent pas d’affirmer avec certitude que l’aggravation de la sécheresse deviendra une menace mondiale majeure pour la production alimentaire. De plus, l’irrigation, la sélection des cultures, une meilleure gestion de l’eau et l’innovation technologique peuvent toutes renforcer la capacité de l’agriculture à s’adapter à l’évolution des régimes de précipitations.

D’après son évaluation, une augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 pourrait présenter un léger avantage pour l’agriculture. Le dioxyde de carbone est un élément essentiel à la photosynthèse, et une concentration plus élevée peut améliorer l’éfficacité d’utilisation de l’eau par les plantes et stimuler leur croissance dans des conditions favorables. Dahl-Madsen a reconnu qu’une augmentation du CO2 pourrait modifier la composition nutritionnelle de certaines cultures, car la teneur en glucides peut augmenter plus rapidement que celle des protéines. Il a toutefois affirmé que les rendements en protéines peuvent également augmenter, même si leur concentration est légèrement diluée.

Biocarburants

L’orateur a réservé ses critiques les plus acerbes non pas au changement climatique lui-même, mais aux politiques mises en œuvre en son nom. Les biocarburants, et notamment l’utilisation de cultures alimentaires pour la production d’éthanol et d’énergie de biomasse, constituent à ses yeux une grave menace pour la sécurité alimentaire, car ils détournent des terres agricoles productives et des récoltes destinées à nourrir la population. « L’alimentation est une ressource bien plus précieuse que le bioéthanol », a-t-il affirmé.

Dahl-Madsen a opposé cette situation à ce qu’il considère comme de véritables exemples de crises alimentaires d’origine humaine. Le Venezuela, a-t-il expliqué, a connu une forte baisse de sa production agricole à la suite de changements politiques et économiques, tandis que la famine suédoise des années 1860 a démontré la vulnérabilité des sociétés prémodernes face aux aléas météorologiques. Le Danemark moderne offre l’exemple inverse. Une sécheresse en 2018 a réduit la récolte de céréales du pays d’environ 23 %, mais il n’y a pas eu de famine : le Danemark a simplement pu importer les denrées alimentaires nécessaires.

Pour l’avenir, Dahl-Madsen entrevoit un potentiel considérable d’augmentation de la production alimentaire sans accroître proportionnellement l’impact environnemental de l’agriculture. L’agriculture de précision, grâce aux satellites, aux drones et à l’application ciblée d’eau, d’engrais et de pesticides, pourrait améliorer l’efficacité. La génétique et les biotechnologies pourraient encore augmenter les rendements, tandis que l’aquaculture permettrait d’étendre la production alimentaire au-delà des limites de la pêche traditionnelle. Il envisage également des perspectives futures allant de la viande cultivée à l’agriculture verticale, très énergivore.

Politique malavisée

Le plus grand danger, selon lui, n’est donc pas le changement climatique, mais des politiques malavisées. Les restrictions commerciales, l’opposition aux cultures génétiquement modifiées, les limitations des intrants agricoles et les politiques énergétiques qui renchérissent les engrais et les pesticides pourraient toutes compromettre la sécurité alimentaire. Le commerce international est particulièrement important car il permet au système alimentaire mondial d’absorber les chocs locaux.

Le message principal de Dahl-Madsen était que le changement climatique devait être perçu comme un facteur gérable plutôt que comme une menace existentielle pour l’approvisionnement alimentaire mondial. L’humanité a maintes fois démontré sa capacité à accroître la productivité agricole plus rapidement que la population, tandis que les progrès technologiques ont rendu les systèmes alimentaires moins vulnérables aux chocs climatiques locaux. L’avenir, concluait-il, sera probablement caractérisé non pas par une pénurie mondiale, mais par une adaptation continue, l’innovation et une production alimentaire de plus en plus abondante – à condition que les gouvernements ne compromettent pas ce processus par des politiques restrictives.

Traduction : Eric Vieira

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By |2026-09-19T17:29:40+02:00September 6, 2026|Comments Off on Le changement climatique ne vas pas affamer le monde
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