Ed Miliband est le dernier imbécile à défendre la neutralité carbone
Alors que les États-Unis revoient leurs principales réglementations climatiques, la politique britannique ambitieuse vers la neutralité carbone suscite une attention croissante. Dans ce commentaire, Matt Ridley soutient que la décarbonation unilatérale risque d’isoler économiquement le Royaume-Uni, tandis qu’une grande partie du monde change de cap.
Donald Trump prévoit donc de revenir sur la « conclusion de danger » qui sous-tend la plupart des réglementations climatiques aux États-Unis. C’est une preuve supplémentaire que la Grande-Bretagne est de plus en plus distancée par la course mondiale à la déconstruction de la peur du changement climatique. Ed Miliband est désormais quasiment le seul à accélérer la décarbonation. Même si l’on peut penser qu’il est courageux de prendre les devants, force est de constater qu’agir seul n’est pas judicieux.
Sortez du Royaume-Uni et vous constaterez à quel point nous sommes isolés en matière de politique climatique. Les États-Unis abandonnent la plupart de leurs subventions et réglementations relatives au changement climatique. Stellantis, anciennement Chrysler, est le dernier constructeur automobile en date à enregistrer une importante dépréciation d’actifs en renonçant à la transition vers les véhicules électriques. Le secteur de l’intelligence artificielle se tourne vers les centrales à gaz pour satisfaire sa soif insatiable d’électricité. L’industrie pétrolière délaisse les énergies renouvelables. Le secteur financier a démantelé nombre de ses initiatives climatiques. Même le Parti démocrate a cessé de parler de climat. La Chine et l’Inde construisent des centrales à charbon à profusion. L’Europe revoit ses objectifs climatiques à la baisse.
Bientôt, nous serons les seuls soldats à charger à travers le no man’s land vers l’ennemi. Tous les autres seront en sécurité dans leurs tranchées. Autrement dit, les effets du dioxyde de carbone sur la planète se produiront de toute façon ; il est donc préférable de s’y adapter plutôt que d’essayer de réduire notre propre contribution. Environ 99,2 % des émissions mondiales proviennent de l’extérieur de la Grande-Bretagne ; par conséquent, nos actions ici n’ont quasiment aucun impact.
Pendant des années, on a répété à des gens comme moi que nous ne comprenions rien. La Grande-Bretagne devait montrer l’exemple au monde entier. Nous avions le devoir de montrer la voie et, si nous atteignions la neutralité carbone en premier, nous récolterions d’énormes bénéfices en vendant ce rêve à ceux qui nous suivraient. Au lieu de cela, nous nous retrouvons dépendants du gaz et du pétrole importés et tributaires d’une énergie éolienne et solaire peu fiable. Nous sommes ainsi accablés par des prix de l’électricité exorbitants, ce qui nous condamne à passer à côté des véritables opportunités économiques de la fin des années 2020 : celles offertes par l’intelligence artificielle.
Pour nous convaincre du danger que représentait le dioxyde de carbone, la Grande-Bretagne a falsifié les données scientifiques. Le terme technique désignant le préjudice net causé par le dioxyde de carbone est le « coût social du carbone ». Or, la position du gouvernement indique que « l’évaluation du carbone à des fins d’analyse des politiques publiques ne tient plus compte du coût social du carbone ». La raison ? Malgré tous leurs efforts, les économistes n’ont pas réussi à faire en sorte que le coût social du carbone soit supérieur au coût social de la décarbonation. Ils ont donc opté pour une réduction des émissions à tout prix.
De même, la décision de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) de déclarer le dioxyde de carbone dangereux était motivée par des considérations politiques. La Cour suprême a statué que l’EPA pouvait prendre en compte le dioxyde de carbone au titre de la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act). Cela lui a permis de le considérer comme un danger pour la santé publique, alors même que le CO₂ est un gaz inodore, invisible et non toxique, utilisé comme nutriment pour les plantes et produit par les poumons humains à des concentrations bien supérieures à celles présentes dans l’air ambiant. Si le CO₂ est dangereux, alors le monoxyde de dihydrogène (H₂O), qui tue régulièrement des personnes, l’est tout autant.
Scientifiquement, la seule justification avancée pour cette conclusion de mise en danger était qu’un enfant au Tchad, par exemple, pourrait mourir d’un coup de chaleur dans 50 ans à cause du réchauffement climatique induit par le dioxyde de carbone. Or, cet argument est absurde quand on sait que ce même enfant pourrait peut-être ne pas mourir de faim aujourd’hui grâce au verdissement global induit par le dioxyde de carbone – un phénomène qui a permis d’accroître les rendements agricoles et la production de fourrage pour les chèvres d’environ 15 à 20 % en 40 ans.
Monsieur Miliband, prenez note : le désarmement économique unilatéral n’a jamais de sens.
Cet article de Matt Ridley a été initialement publié le 12 février dans The Telegraph.

Matt Ridley (photo: Peter Walton)
Matt Ridley
Matt Ridley (né en 1958), 5e vicomte Ridley, est un écrivain scientifique, journaliste et homme d’affaires britannique. Titulaire d’une licence et d’un doctorat de l’université d’Oxford, il a travaillé pendant neuf ans pour The Economist en tant que rédacteur scientifique, correspondant à Washington et rédacteur pour les États-Unis, avant de devenir écrivain et entrepreneur indépendant installé à Newcastle.
Ses livres, comme L’Optimiste rationnel et L’Évolution de toute chose, se sont vendus à près de deux millions d’exemplaires, ont été traduits en 31 langues et ont remporté plusieurs prix.
Il a été chroniqueur hebdomadaire pour le Telegraph, le Times (Londres) et le Wall Street Journal. Il collabore régulièrement avec The Spectator, le Telegraph, le Daily Mail, Spiked et d’autres publications. Sa conférence TED intitulée « Quand les idées font l’amour » a été visionnée plus de deux millions de fois.
Il a siégé à la Chambre des Lords de 2013 à 2021, au sein de la commission spéciale sur la science et la technologie et de la commission spéciale sur l’intelligence artificielle.
Traduction : Eric Vieira
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