Le PDG de BlackRock abandonne l’illusion climatique pour répondre aux besoins des investisseurs

Le PDG de BlackRock, Larry Fink, s’est publiquement rallié à ce qu’il appelle « le pragmatisme énergétique », reconnaissant que la société exige désormais une approche équilibrée pour répondre aux besoins énergétiques, plutôt qu’une adhésion rigide à des politiques climatiques strictes. Ce revirement pourrait marquer un tournant pour la politique énergétique mondiale, vu que l’un des acteurs financiers les plus puissants de la planète prend ses distances vis-à-vis des décennies de directives « vertes » malavisées.

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Larry Fink (Source: Shutterstock)

Vijay Jayaraj
Date: 26 mars 2026

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La portée de BlackRock

BlackRock est le premier gestionnaire d’actifs au monde, supervisant plus de 10 000 milliards de dollars d’actifs qui influencent les marchés, les entreprises et même les gouvernements. Il fournit des outils d’analyse des risques qui guident les entreprises dans l’allocation de leurs capitaux, l’élaboration de leurs stratégies et la gestion de problématiques allant de l’approvisionnement énergétique à la gouvernance d’entreprise. BlackRock est présent dans tous les secteurs, des fonds de pension aux fonds souverains, où ses votes et ses investissements orientent des décisions qui affectent de larges pans de la société.

Fink cite l’exemple de la Chine, leader dans la construction de nouvelles centrales nucléaires et le déploiement de vastes installations solaires, tout en important des volumes records de gaz naturel et de pétrole pour répondre à une demande croissante. « La société a évolué vers une attitude plus pragmatique », affirme Fink , « et ce que je dis ne fait que relayer ce que nous disent nos clients. » Mieux vaut que ce soient les clients qui tiennent la barre plutôt que des idéologues

L’effet coûteux des critères ESG

Le ton de Fink est conforme à son précédent rapport faisant état de 4 milliards de dollars de pertes d’actifs liés aux critères ESG en 2023, conséquences du retrait de fonds par des États comme la Floride, inquiets de la politisation de leurs investissements. BlackRock a abandonné l’étiquette d’« instrumentalisation » des critères ESG à la mi-2023 et a quitté le groupe Net Zero Asset Managers en janvier 2025, dans un contexte d’enquêtes antitrust et de vives réactions de la part des gouvernements des États américains.

Après des années passées par BlackRock à investir leurs fonds dans la promotion des critères ESG et des priorités connexes, souvent avec l’encouragement de gestionnaires de fonds de pension publics proches de la gauche, comme celui de New York, Fink a été contraint de revoir sa position. Le devoir fiduciaire – maximiser les rendements des investisseurs – avait été relégué au second plan, alors que la firme se consacrait au lobbying auprès des entreprises sur des intérêts « woke » tels que la diversité au sein des conseils d’administration et la réduction des émissions industrielles. Aujourd’hui, face à la multiplication des poursuites et aux désinvestissements de milliards de dollars par les États, Fink invoque ce même devoir pour justifier son pragmatisme.

Un tournant pour BlackRock

Le revirement de Fink met au jour la supercherie. BlackRock a utilisé des milliards de dollars pour fausser la politique et les choix de conseils d’administration, trahissant les investisseurs au profit des rêves d’une clique. Désormais, la pression et la fuite des capitaux font éclater la vérité. Les aveux de Fink confirment également les arguments des sceptiques : les discours sur le changement climatique ont exagéré les risques pour alimenter des chimères coûteuses. Les données ne montrent aucune augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, pour lesquelles les émissions de CO₂ ont été absurdement accusées. Les ouragans, les inondations et les sécheresses ont suivi les normes historiques.

Les limites des énergies renouvelables

L’engouement des alarmistes climatiques pour l’énergie éolienne et solaire se heurte à la réalité physique. Les énergies dites « renouvelables » vacillent là où la fiabilité est essentielle. Leur intermittence provoque des pannes de réseau lors des pics de consommation, faisant grimper les coûts pour les ménages et les entreprises. À l’inverse, les énergies fossiles et le nucléaire contribuent à la prospérité humaine. Ils fournissent l’énergie dense, abordable et fiable dont la civilisation moderne a besoin.

Le rôle durable des combustibles fossiles et de l’énergie nucléaire

La campagne visant à remplacer brutalement ces énergies par des alternatives à faible densité et dépendantes des conditions météorologiques était mathématiquement impossible dès le départ. Un socle énergétique composé de charbon, de gaz naturel et d’énergie nucléaire est indispensable au maintien d’un niveau de vie moderne. C’est pourquoi les économies industrielles asiatiques ont continuellement accru leurs capacités de production d’énergies fossiles sous couvert d’une prétendue démarche « verte ».

Réalité mondiale contre ambitions politiques

Observons les tendances mondiales. La croissance des capacités éoliennes et solaires ne couvre qu’une faible part des besoins croissants en électricité. La Chine construit des centrales nucléaires plus rapidement que quiconque et importe massivement du pétrole et du gaz pour alimenter les usines et les foyers. Malgré ses engagements en matière de neutralité carbone, l’Inde a accéléré sa production nationale de charbon tout en explorant la possibilité d’utiliser des petits réacteurs modulaires pour alimenter ses 1,4 milliard d’habitants et atteindre ses objectifs de croissance de 8 %.

Même les pays européens qui prônaient autrefois une transition rapide vers les énergies renouvelables ont commencé à revoir leur position après la crise énergétique de 2022, qui a exposé les vulnérabilités. En Allemagne, des usines ont fermé leurs portes et les budgets des ménages ont été mis à rude épreuve lorsque les approvisionnements en gaz russe se sont raréfiés et que la production éolienne et solaire a ralenti par temps calme ou nuageux.

Un changement de direction

Après des années d’expérimentations motivées par le climat – imposées par des politiciens et des magnats d’affaires illuminés ou malhonnêtes – les échecs sont devenus trop nombreux et trop graves pour être ignorés. Il n’est donc pas surprenant que Larry Fink ait délaissé les discours alarmistes pour se concentrer sur les demandes de ses clients en matière de conseils stratégiques.

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Ce commentaire a été initialement publié dans le Daily Caller le 24 mars.

Vijay Jayaraj

Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi qu’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’Unité de Recherche sur les Océans en Mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.

Traduction : Eric Vieira                                                             

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