Mes vingt années passées à observer le thermomètre — et le récit …
Alors que « Watts Up With That? » approche de son vingtième anniversaire, Anthony Watts revient sur près de deux décennies d’observation des thermomètres et du discours climatique.
En novembre 2006, lorsque j’ai lancé « Watts Up With That ? », L’idée était simple : analyser les données, vérifier les instruments et se demander si les conclusions tirées étaient réellement basées sur des preuves. Il n’a jamais été question de faire carrière dans l’hérésie. C’était, à l’époque, une démarche scientifique tout à fait normale, guidée par la curiosité.
Près de vingt ans plus tard, cette impulsion nécessite le port d’un casque.
À l’approche du vingtième anniversaire de WUWT en 2026, il est pertinent de réfléchir sur la façon dont le changement climatique est passé du statut d’hypothèse — parmi de nombreuses explications concurrentes des changements observés — à celui d’un système de croyances à part entière, complété par des textes sacrés (les rapports du GIEC), un langage approuvé, et parfois même des excommunications.
Le climat, quant à lui, a été beaucoup moins dramatique.
2006–2008 : Quand les thermomètres n’étaient encore que des thermomètres
Au milieu des années 2000, la climatologie ressemblait encore à… eh bien, à de la science. Il y avait des désaccords, des débats. On discutait des rétroactions nuageuses, de l’influence solaire, des cycles océaniques et de la fiabilité des relevés historiques de température sans être accusé de crimes contre l’humanité.
Le documentaire d’Al Gore, « An Inconvenient Truth » (Une vérité qui dérange), est sorti en 2006 comme un spectacle itinérant annonçant une catastrophe imminente. Les ours polaires étaient échoués, les eaux des mers en train de monter et les ouragans qui apparemment s’alignaient en formation. C’était un film habile, poignant et truffé de graphiques alarmistes qui allaient seulement dans une seule direction.
Au même moment, un phénomène curieux se produisait sur le terrain. De véritables thermomètres — ces appareils obstinément analogiques — se faisait placer à proximité de sources de chaleur, d’asphalte et de bâtiments. Alors, WUWT a pris une décision radicale : nous avons pris des photos.
Cela s’est avéré étonnamment controversé, voire même hérétique.
Apparemment, photographier un thermomètre à côté d’une sortie de climatisation n’était pas considéré comme une « participation constructive ». Qui l’eût cru ?
2009 : Climategate – La confiance s’effondre
Puis vint le « Climategate ».
Les courriels n’ont pas été piratés au sens hollywoodien du terme ; ils ont été diffusés, lus, puis rapidement minimisés. Ils ont révélé non pas un vaste complot, mais un phénomène bien plus humain : la pensée de groupe, l’attitude défensive et une propension inquiétante à manipuler l’opinion plutôt que les données.
L’expression « masquer le déclin » est entrée dans le langage courant, et soudain, les climatologues se sont retrouvés à expliquer que cela ne signifiait pas ce que cela semblait signifier. Ce qui, ironiquement, est presque toujours un mauvais signe.
Un bref instant, il semblait que la climatologie allait enfin connaître une réorientation stratégique indispensable. Transparence ! Données ouvertes ! Débats constructifs !
Au lieu de cela, on a eu droit à de fausses enquêtes qui se sont auto-enquêtées et qui se sont déclarées innocentes.
Leçon retenue : le problème n’était pas le comportement en lui-même, mais le fait que des personnes extérieures l’aient remarqué.
2010–2014 : La pause qui n’existait pas (jusqu’à ce qu’elle existe)
Les années suivantes ont livré un rebondissement inattendu : la planète a refusé de suivre le scénario prévu.
Les températures mondiales se sont stabilisées. Alors que les modèles prévoyaient un réchauffement constant ; les observations ont contredit ces prévisions. On a parlé de « pause », puis « d’interruption », puis – après de nombreux éditoriaux – de « chose qui n’a jamais eu lieu et dont il est interdit d’en parler ».
Ce fut un âge d’or pour la créativité climatique. La chaleur se cachait dans les profondeurs océaniques, où elle était incommensurable mais que l’on pouvait facilement mettre en cause. Les aérosols devinrent l’outil multifonctionnel des explications. Les ajustements de données se sont multipliés.
Lorsque les observations contredisaient les modèles, ces derniers n’étaient pas remis en question. Les observations ont été simplement « corrigées ».
C’est à cette époque que beaucoup d’entre nous ont réalisé que l’hiérarchie s’était inversée. Les modèles étaient devenus la réalité. La réalité était négociable.
2015: Paris — Des promesses, toujours des promesses
L’accord de Paris a été salué comme un tournant. Les dirigeants du monde entier se sont réunis pour sauver la planète en prenant des engagements volontaires, non contraignants et soigneusement formulés pour impressionner, tout en ne s’engageant qu’à très peu de choses.
Ce fut un triomphe du théâtre politique.
Personne ne s’est demandé comment les énergies intermittentes alimenteraient les sociétés industrialisées. Personne n’a abordé la question de la stabilité du réseau électrique. Personne n’a évoqué la précarité énergétique. Ces détails n’étaient, apparemment pas constructifs.
À partir de ce moment, la politique climatique s’est moins concentrée sur les résultats que sur l’image. Si les émissions augmentaient, la solution était d’accroître l’ambition. Si les coûts augmentaient, la solution était de renforcer l’engagement. L’échec était perçu comme la preuve que nous n’y avions tout simplement pas suffisamment cru.
2018-2019 : Le bouton d’urgence se bloque
Aux alentours de 2018, le mot « urgence » est devenu obligatoire.
On nous avait dit que nous avions douze ans pour sauver la planète. Puis dix. Puis cinq. L’échéance n’arrêtait pas d’être réajusté, mais se rapprochait toujours plus, comme un tapis roulant cosmique.
On incitait les enfants à paniquer. On réprimandait les adultes qui conduisaient une auto. La météo, autrefois un simple bruit de fond, était devenue un réquisitoire moral.
Vague de chaleur ? Changement climatique.
Inondation ? Changement climatique.
Vague de froid ? Changement climatique « perturbant le courant-jet ».
Pile je gagne, face vous niez la science.
2020-2022 : Quand tout était une urgence
Les années de pandémie ont révélé avec quelle facilité les sociétés pouvaient être gouvernées par des décrets d’urgence. Le militantisme climatique en a pris note.
Les confinements ont brièvement réduit les émissions, prouvant une fois pour toutes que la civilisation moderne pouvait, en réalité, être mise à l’arrêt — au prix de grands sacrifices humains — pour un bénéfice climatique minime.
Les politiques énergétiques, cependant, se sont poursuivies sans relâche. La production d’électricité de base fiable a été démantelée. L’énergie éolienne et solaire a été encensée pour sa capacité théorique plutôt que pour ses performances réelles.
Lorsque les réseaux électriques ont flanché et que les prix ont flambé, on nous a dit que c’était une preuve supplémentaire de la nécessité de redoubler les efforts.
C’est à cette époque que l’expression « faire confiance à la science » a discrètement fini par signifier « ne posez pas de questions ».
2023-2026 : L’ère de la certitude incontestable
Vingt ans plus tard, le discours sur le climat est peaufiné, institutionnalisé et remarquablement imperméable aux preuves.
La montée du niveau de la mer se poursuit à un rythme que l’on ne peut apprécier qu’avec des marégraphes et beaucoup de patience. Les phénomènes météorologiques extrêmes restent obstinément incompatibles avec les prédictions apocalyptiques. Les rendements agricoles augmentent. La capacité d’adaptation humaine ne correspond pas aux modèles de catastrophe.
Mais tout cela n’a plus vraiment d’importance.
La peur du changement climatique ne dépend plus que les prédictions se réalisent, mais seulement du maintien de l’urgence. Les modèles surestiment encore le réchauffement, mais la solution reste la même : ajuster, attribuer et affirmer.
La dissidence n’est pas débattue ; elle est diagnostiquée.
Vingt ans plus tard
Après avoir observé ce phénomène pendant deux décennies, j’ai appris que la chose la plus remarquable dans la peur du changement climatique, ce n’est pas l’ampleur des changements climatiques, mais celle des règles du débat.
- En 2006, le scepticisme faisait partie intégrante de la science.
- En 2016, cela est considéré comme un défaut de caractère.
- En 2026, il semblerait que les gens commencent à nous écouter.
WUWT a perduré parce qu’elle a continué à faire ce qui n’était pas à la mode : analyser les données, souligner les incohérences, et, de temps à autre, hausser un sourcil lorsque le nouveau modèle de l’empereur semblait un peu trop chaud.
Le climat continuera d’évoluer. Il l’a toujours fait. La véritable question est de savoir si la société peut redécouvrir la valeur du scepticisme avant que les politiques fondées sur un état d’urgence perpétuel ne causent des dommages irréversibles.
Et sinon… eh bien, au moins les modèles resteront très confiants. /sarc
Au fait, si vous ne l’avez pas encore vue, consultez notre chronologie des prévisions climatiques erronées, récemment mise à jour.
Cet article a été initialement publié sur wattsupwiththat.com.

Anthony Watts
Anthony Watts est chercheur principal en environnement et climat au Heartland Institute. Présentateur météo à la télévision depuis 1978, il réalise aujourd’hui des bulletins météo quotidiens à la radio. Il a conçu des systèmes de présentation graphique météorologique pour la télévision, des instruments météorologiques spécialisés et a co-écrit des articles scientifiques sur les enjeux climatiques. Il gère le site web le plus consulté au monde sur le climat, wattsupwiththat.com, un site primé.
Traduction : Eric Vieira
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