L’Allemagne au bord de l’état d’urgence énergétique : et la faute est due à un échec de la politique
L’Allemagne se trouve au bord d’une potentielle crise énergétique, ses réserves de gaz s’amenuisant et ses industries lourdes étant menacées de fermetures. Les critiques estiment que les dégâts économiques qui se profilent sont moins dus aux rigueurs de l’hiver qu’à des années de décisions politiques de grande envergure. La situation actuelle pourrait être la conséquence de choix stratégiques qui ont rendu la première économie européenne de plus en plus vulnérable.
Alors que l’approvisionnement en gaz de chauffage en Allemagne devient de plus en plus tendu et approche des niveaux critiques, les décideurs politiques incrimineront probablement un « hiver plus froid que la normale ».
Mais cette affirmation ne tiendra pas. La véritable raison : c’est ce que le Wall Street Journal a qualifié en janvier 2019 de « politique énergétique la plus stupide au monde ». Or, depuis 2019, la politique énergétique allemande s’est encore empirée – et considérablement – passant de la plus stupide à la pure aberration. Il n’y a pas d’autre terme à employer.
Du plus stupide à la stupidité acharnée
Depuis 2019, l’Allemagne a non seulement cessé de produire de l’électricité nucléaire fiable, bon marché et sans émissions de CO2, mais elle a également coupé les ponts avec la Russie, son principal fournisseur de gaz, et donc d’électricité à bas prix. Conséquence : les réserves de gaz de chauffage sont presque épuisées, et nous ne sommes qu’à la fin du mois de janvier. Une crise se profile à l’horizon.
Selon le site internet de l’Initiative Energien Speichern (INES) (stockage d’énergie), le niveau des stocks de gaz naturel est actuellement tombé à un maigre 32,7 %. Les experts mettent en garde que le seuil critique de 20 %, point où la pression devient trop faible pour garantir un approvisionnement suffisant, sera atteint d’ici trois semaines seulement.
Image recadrée chez INES
Plan d’urgence gaz
Si les réserves de gaz de l’Allemagne tombent à 20 % en février, comme prévu, le pays se trouvera confronté à une situation grave, mais anticipée. Conformément à la législation allemande en vigueur et au plan d’urgence gaz (Notfallplan Gas), des protocoles spécifiques seront déclenchés afin de privilégier la protection des vies humaines et le maintien des services essentiels.
L’industrie confrontée à un arrêt obligatoire
En vertu du droit allemand et européen, les ménages sont considérés comme des « clients prioritaires », ce qui signifie que l’État est légalement tenu de leur accorder la priorité. Face à des niveaux de stockage extrêmement bas, le gouvernement sera contraint de couper l’approvisionnement en gaz des industries lourdes, des centrales électriques et des grands consommateurs commerciaux. Ceci entraînerait des répercussions économiques considérables.
L’Allemagne dispose de trois niveaux d’alerte. Si les stocks atteignent 20 % et que l’approvisionnement est jugé insuffisant pour le reste de l’hiver, le gouvernement devra déclencher le troisième et plus haut niveau : le niveau d’urgence. Dans ce cas, l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) devient le gestionnaire du réseau de distribution et prend le contrôle du marché du gaz, décidant des attributions. Elle enjoindra alors aux grands consommateurs industriels de réduire, voire d’interrompre, leur consommation de gaz.
Un niveau de remplissage de 20 % signifie un débit de gaz réduit
Comme mentionné précédemment, le véritable risque lié à un faible niveau de stockage ne réside pas seulement dans une « raréfaction » des molécules de gaz, mais plutôt à cause d’une chute de pression du réseau. Les installations de stockage de gaz nécessitent une certaine quantité de « gaz tampon » pour maintenir la pression requise pour injecter le gaz dans les gazoducs. Si le niveau de stockage devient trop bas, la vitesse de soutirage du gaz diminue. C’est pourquoi les pouvoirs publics doivent intervenir rapidement pour gérer la demande.
Résumé
Dans presque tous les scénarios réalistes impliquant un niveau de stockage de 20 %, ce qui semble désormais inévitable, le gouvernement doit contraindre les entreprises à fermer leurs portes afin de garantir la continuité des services publics (foyers, écoles, services d’urgence). La principale conséquence d’un tel niveau de stockage est un grave choc économique.
Ceci est dû, en grande partie, à l’adoption par l’Allemagne, idéologiquement insensée, de l’Energiewende radicale : la transition vers les énergies vertes, quels qu’en soient les coûts.
Peut-être que le président Trump interviendra et renflouera l’Allemagne en lui fournissant du GNL.
Février sera un mois plein de suspense !
Cet article a été initialement publié sur notrickszone.com sous le titre “One Reason Only For Germany’s Heating Gas Crisis: Its Hardcore-Dumbass Energy Policy” (Une seule raison pour la crise du gaz de chauffage en Allemagne : sa politique énergétique acharnée et stupide).
Traduction : Eric Vieira
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