Entretien avec le Dr Guus Berkhout : Une perspective différente sur la science du climat et la politique énergétique
Le problème majeur aujourd’hui, c’est que les modèles climatiques ne sont pas adaptés, affirme le Dr Guus Berkhout, cofondateur de Clintel. Ils ne reflètent pas la réalité. C’est pourquoi la politique de neutralité carbone ne fonctionne pas. Nous avons besoin de changements fondamentaux dans la science et les politiques climatiques. Ce message gagne d’ailleurs en popularité.

Dr. Guus Berkhout, géophysicien et co-fondateur de la Fondation Clintel
Manish Koirala
Date: 24 février 2026
Le Dr Guus Berkhout est un ingénieur néerlandais et professeur émérite, reconnu pour ses travaux en géophysique, en contrôle acoustique et en gestion de l’innovation. Il a obtenu une maîtrise en génie électrique en 1963 et un doctorat en physique (avec mention) en 1970 à l’Université de technologie de Delft (TU Delft). Il a débuté sa carrière professionnelle chez Royal Dutch Shell en 1964, où il a occupé des postes en recherche et développement, ainsi qu’en transfert de technologie au niveau international, avant de retourner dans le monde universitaire.
À l’Université de technologie de Delft (TU Delft), Berkhout a occupé des chaires de professeur en imagerie géophysique et acoustique et a siégé au conseil d’administration de l’université. Ses contributions techniques comprennent le développement du modèle WRW à diffusion multiple pour la propagation des ondes sismiques et des avancées en matière d’acoustique variable pour les salles de concert. En 1982, il a fondé le Consortium Delphi, une initiative de recherche financée par l’industrie et axée sur l’imagerie sismique pour le secteur pétrolier et gazier. Il a également créé Jason Geosystems et le Centre pour le changement socio-économique mondial (CFGSEC).
Ces dernières années, Berkhout s’est impliqué activement dans les débats sur les politiques climatiques. Il a cofondé la Climate Intelligence Foundation (Clintel) en 2019 et est le principal auteur de la Déclaration mondiale sur le climat, qui affirme qu’il n’y a pas d’urgence climatique. Il soutient que le changement climatique est en grande partie naturel, remet en question la fiabilité des modèles climatiques actuels pour l’élaboration des politiques et décrit le CO₂ comme bénéfique à la croissance des plantes. Il privilégie une science du climat fondée sur les données et des politiques climatiques axées sur l’adaptation aux stratégies d’atténuation rapide préconisées dans de nombreux accords internationaux.
Contrairement à ses motivations initiales, le Consortium Delphes, que vous avez fondé, soutient désormais activement la transition vers les énergies vertes, comme la géothermie.
Oui, je tiens à préciser qu’en 2016, j’ai démissionné du Consortium Delphi. Par conséquent, depuis 2016, le Consortium Delphi est dirigé par une autre personne. De ce fait, les activités du Consortium Delphi au cours des dix dernières années ne relèvent pas de ma compétence.
Vous n’êtes donc pas responsable des décisions prises par le Consortium Delphes ; c’est bien cela ?
Oui, c’est bien ce que je veux dire. Après mon départ, des idéologues politiques ont influencé le programme du Consortium Delphi, l’orientant vers ce que j’appelle l’énergie verte, et ce n’est pas ainsi que les choses auraient dû se dérouler à mon avis.
Vous avez fondé le Consortium de Delphes. Comment les choses ont-elles mal tourné, et ne souhaitez-vous pas que le Consortium de Delphes revienne à ses motivations initiales ?
Si l’on examine le programme Delphi avant 2016, on constate qu’il était guidé par les progrès de l’imagerie scientifique, tandis que la recherche sur les énergies vertes est motivée par des considérations politiques. À mon avis, une véritable organisation scientifique ne devrait jamais s’engager dans des projets liés aux énergies vertes car, tels qu’ils ont été menés ces dernières années, ils ont peu d’avenir. Les énergies vertes ont plongé l’humanité dans la pauvreté plutôt que dans la prospérité, contrairement à l’objectif d’une science et d’une technologie rigoureuse.
Le Consortium Delphes s’étant éloigné de ses objectifs initiaux, avez-vous des suggestions ou des recommandations à formuler à l’intention de ses dirigeants actuels ?
Eh bien, mon message est clair : je vous invite à considérer les capacités de l’équipe de recherche Delphi. Grâce à son expertise en imagerie, elle rend visibles les structures géologiques complexes de la Terre. Vous imaginez aisément l’importance pratique de cette connaissance. La maîtrise du système géologique permet aux compagnies minières d’exploiter ces informations pour forer de nouveaux gisements aux endroits les plus stratégiques. Par exemple, sans ces informations, les réserves mondiales actuelles de pétrole et de gaz seraient bien moindres et les prix bien plus élevés. C’est pourquoi, sous ma direction, le Consortium Delphi a rassemblé plus de 30 membres, issus du monde entier.
En résumé, l’imagerie géophysique à haute résolution permet aux organisations de recueillir une multitude d’informations détaillées sur la géologie terrestre. Ces informations remontent à des milliers, voire des millions d’années ; il s’agit donc d’une recherche indirecte à distance dans les archives géologiques de la Terre. Ces archives recèlent une quantité considérable d’informations sur la riche histoire climatique de notre planète. Aujourd’hui, ces informations sont inestimables, et c’est pourquoi j’avais déjà entamé ce projet d’extension juste avant 2016. À ma démission, ce projet a été abandonné.
Il est important de noter que, pour l’imagerie des systèmes géologiques, nous ne nous appuyons pas sur toutes sortes de modèles géologiques. Nous recueillons plutôt des données par des méthodes sismiques, et les mesures sismiques acquises contiennent des informations sur la structure géologique.
Cette même capacité peut être appliquée à l’imagerie climatique. Aujourd’hui, nous recevons une grande quantité de données satellitaires sur le climat. Grâce à ces données, et non à des modèles, nous pouvons extraire des informations sur le système climatique complexe qui nous font actuellement défaut.
Si l’on examine les modèles climatiques actuels, force est de constater qu’ils sont erronés. En les comparant aux mesures, un processus que l’on appelle la validation des modèles, on observe que les modèles développés au cours des 30 dernières années ne reflètent pas la réalité. Ils surestiment considérablement le réchauffement, ce que l’on appelle une « surchauffe ». Il est évident que ces modèles ne sont pas adaptés à leur objectif.
Il est évident que l’inadéquation des modèles climatiques actuels n’est pas surprenante. La raison principale réside dans la grande complexité du climat terrestre. Nos connaissances ont certes progressé par rapport à il y a 30 ans, mais de nombreuses zones d’ombre persistent. Par conséquent, même si des modèles sont élaborés, leur exactitude relèverait du miracle, compte tenu de l’immensité de nos lacunes.
Je viens du monde de l’imagerie, et c’est précisément ce domaine qui peut nous permettre de mieux comprendre le climat terrestre. Mon nouveau livre s’intitule « Sciences du climat : Laissez les données parler ». Cela signifie qu’avec l’imagerie, on ne fonde pas un modèle théorique sur toutes sortes d’hypothèses pour ensuite le comparer à des mesures. Au contraire, on s’occupe des mesures d’abord. Grâce à des mesures précises, aujourd’hui réalisées par satellite, nous obtenons des informations précieuses sur le climat. En les exploitant, nous découvrons des choses surprenantes. Voilà la nouvelle science du climat, et c’est sur cela que Delphi aurait dû travailler, et non sur les énergies vertes.
Quel est le but de la création de la Fondation Clintel ?
Avec le recul, on constate que le discours sur le climat était très partial. Le GIEC avait élaboré un modèle théorique entièrement centré sur le CO2. Leur objectif était de prouver que le CO2 était la principale cause du réchauffement climatique. Or, la construction d’un modèle afin de confirmer une conviction préexistante est la pire chose que l’on puisse faire en science. C’est un véritable péché capital.
Le GIEC utilise essentiellement un modèle à un seul facteur : le CO2. Son objectif est de tenter de prouver que le CO2 est la principale cause du réchauffement climatique. Or, il s’agit là d’une pseudoscience. En science objective, on considère toutes les possibilités. On ne cherche pas des mesures qui confirment nos hypothèses, mais des mesures qui pourraient les réfuter. Chercher à avoir raison est scientifiquement erroné. Il faut rechercher des données qui remettent en question nos hypothèses. C’est ce qu’on appelle la validation des modèles. Einstein disait : « Une seule expérience peut prouver que j’ai tort. »
La Fondation Clintel tente-t-elle de prouver que le CO2 n’est pas la principale cause du réchauffement climatique ?
Non, la Fondation Clintel affirme que le CO2 ne représente qu’une partie du problème. Nous reconnaissons clairement que nos connaissances sur le système climatique, extrêmement complexe, sont insuffisantes pour affirmer avec certitude que le GIEC a tort. Nous disons simplement que le discours dominant est partial et que les récits alarmistes concernant l’avenir de la Terre sont injustifiés. De nombreuses données démontrent l’inexactitude des modèles climatiques dominants, et nous souhaitons présenter une autre perspective. C’est l’un de nos objectifs.
Deuxièmement, nous souhaitons aborder la question de la politique « zéro émission de CO2 » issue de ces modèles basés sur le CO2. Nous soutenons que les coûts extrêmement élevés de telles politiques climatiques ne sont pas suffisamment justifiés, surtout lorsqu’il est difficile de déterminer si elles présentent le moindre avantage. Par conséquent, nous affirmons que la politique climatique des prochaines années ne devrait pas privilégier l’atténuation des politiques « zéro émission de CO2 » mais plutôt l’adaptation. Au cours des dix dernières années, l’atténuation par le biais de politiques « zéro émission de CO2 » n’a permis de sauver aucune victime du changement climatique, tandis que l’adaptation a entraîné une diminution spectaculaire du nombre de victimes et des impacts des phénomènes météorologiques extrêmes. Ainsi, la politique climatique doit évoluer de l’atténuation vers l’adaptation.
Deuxièmement, nous avons besoin d’une nouvelle approche en climatologie. Le système est trop complexe pour se fier à des modèles théoriques ; il faut donc privilégier l’imagerie climatique. Une quantité astronomique de données est disponible et nous devons les analyser en profondeur. La climatologie doit s’appuyer sur la science des données : « Laissons parler les données ».
Il est particulièrement fascinant de constater que l’application de nos connaissances en imagerie au système climatique nous permet de mieux comprendre une grande partie de ce que nous ignorions. Vous en apprendrez davantage à ce sujet dans mon prochain livre, à paraître cet été, qui démontre que la climatologie dominante doit s’orienter dans une direction radicalement différente. Travailler en trois dimensions au minimum est indispensable.
Un autre point important est l’intelligence artificielle. Elle nous permet d’explorer d’immenses volumes de données, une tâche impossible à faire manuellement par des humains. C’est le principe de la nouvelle climatologie dont je parle. Au lieu de nous appuyer sur des modèles construits à partir de connaissances limitées, nous privilégions les mesures, notamment les données satellitaires, riches en informations non approximatives. L’enjeu est d’extraire de ces données les informations pertinentes pour comprendre le fonctionnement du système climatique.
Je prévois que, dans le futur, la climatologie s’appuiera de plus en plus sur l’intelligence artificielle, non pas pour les prédictions ou la modélisation, mais pour accéder à des mesures dont nous ignorons l’existence. Je considère les logiciels d’IA comme des outils de recherche sophistiqués qui collectent et combinent des fichiers de données inconnus. De plus, grâce à l’apprentissage automatique, l’IA peut suggérer des solutions.
Après avoir passé votre carrière chez Shell et à l’université de Delft, comment réagissez-vous à l’idée que votre scepticisme serait une extension directe des intérêts de l’industrie des combustibles fossiles plutôt qu’une démarche scientifique purement objective ?
Eh bien, pour répondre à votre dernière remarque, je peux vous dire que l’ère des énergies fossiles touche à sa fin. C’est indéniable, même si les compagnies pétrolières ne l’entendent pas de cette oreille. Nous savons parfaitement à quoi ressemblera le nouvel univers énergétique : l’énergie nucléaire, dans ses versions modernes, sûres et performantes, bien entendu. Cela englobe toutes les tailles de réacteurs, des unités de petite taille installées à proximité de grands consommateurs comme les centres de données, aux très grands réacteurs intégrés aux réseaux.
Je n’ai jamais cherché à défendre les énergies fossiles pour elles-mêmes. Je le dis depuis des années : si nous voulons un avenir prospère pour tous les habitants de notre planète, l’énergie est vitale. Une énergie chère appauvrit les populations. Une énergie abordable et abondante profite à tous. Aujourd’hui, il s’agit du pétrole et du gaz, et demain, ce sera le nucléaire !
Le mouvement pour les énergies vertes et son développement constituent pourtant un désastre socio-économique. Si les politiciens pensent que les éoliennes et les panneaux solaires peuvent fournir au monde, non seulement aujourd’hui mais surtout demain, une énergie abordable en quantité suffisante, ils se trompent lourdement. C’est pourquoi je suis si déçu qu’une entreprise florissante comme Delphi se soit engagée sur la voie des énergies vertes. Nombre de partenaires nous ont quittés.
Il y a sept ans, lorsque Clintel a été fondée, nous avons été excommuniés pour nos idées. Aujourd’hui, sept ans plus tard, elles sont plébiscitées. Le secteur privé n’investit plus dans les parcs éoliens ou les panneaux solaires, car cela engendre des pertes considérables. Ces projets ne voient le jour que grâce aux subventions publiques, ce qui signifie que les citoyens ordinaires paient la différence.
Cette évolution au cours des dernières années montre à quel point Clintel accroît son influence, non seulement en matière de politique énergétique et d’adaptation, mais aussi dans la promotion de nos nouvelles idées sur la science du climat : pas de modèles, on regarde les données, on laisse parler les données.
Pouvez-vous révéler qui ou quelles organisations financent la Fondation Clintel ?
Le financement provient principalement d’un gestionnaire immobilier convaincu que la situation dans notre pays se dégradait et qu’un autre regard sur le climat était nécessaire. Il nous a octroyé un montant initial de 100 000 euros, le reste étant financé par le biais du financement participatif.
Les critiques soulignent que nombre de vos 2 000 signataires sont des ingénieurs ou des géologues plutôt que des physiciens de l’atmosphère. Pourquoi l’avis d’un professionnel d’un domaine non lié à l’atmosphère sur le transfert radiatif devrait-il avoir le même poids que celui d’un scientifique spécialiste de la troposphère ?
Non, de nombreux signataires sont des physiciens et des scientifiques de haut niveau. Il faut également savoir que la plupart des personnes se disant climatologues sont en réalité des météorologues et des environnementalistes. La météorologie est très différente : le temps est un phénomène bien distinct du climat. Il ne faut pas confondre la pollution environnementale et le changement climatique.
Ce qu’il nous faut, c’est une science rigoureuse et indépendante, en particulier des physiciens et des ingénieurs apolitiques. Si l’on considère les 30, 40 ou 50 dernières années de la science climatique dominante, force est de constater qu’elle n’a mené à rien. Elle n’a rien résolu et a même engendré davantage de pauvreté à cause des solutions écologiques.
Les modèles actuellement utilisés proviennent d’idéologues politiques issus des milieux de la météorologie et de l’environnement. Je ne dis pas qu’il faille exclure ces scientifiques, mais les idéologues politiques ne résoudront jamais le problème. La météo est très différente du climat. Pour bien comprendre le climat, il faut étudier l’histoire géologique, les archives géologiques et observer comment le climat a évolué sur des millions d’années. De plus, la plupart des grandes forces climatiques agissent depuis l’extérieur de l’atmosphère terrestre.
Si le CO2 n’est pas le principal « thermostat », quel mécanisme physique spécifique (par exemple, les cycles solaires ou la rétroaction des nuages) pensez-vous qui, actuellement, supplante l’effet de serre ?
Il est important de rappeler que le modèle CO2 – le modèle climatique qui attribue au CO2 le rôle principal – n’est en réalité qu’une explication mono-factorielle du climat. C’est pourquoi une seule méthode pour contrôler le climat est envisagée : la réduction des émissions de CO2. En effet, la politique climatique est devenue une politique axée sur le CO2. L’argument avancé est que si nous parvenons à contrôler le CO2 – ce qui est impossible et probablement déconseillé –, nous pourrons contrôler le climat. Après toutes ces années, nous savons désormais que c’est faux.
Si l’on considère les facteurs réels, le facteur principal est le soleil. Son influence se manifeste par la différence de température entre le jour et la nuit, car le soleil brille le jour et ne brille pas la nuit. On l’observe également entre l’été et l’hiver. Sur des échelles de temps beaucoup plus longues, comme les périodes glaciaires et interglaciaires, les températures ont connu des extrêmes, tantôt très basses, tantôt très élevées, sous l’effet des cycles de Milankovitch, qui décrivent la distance entre la Terre et le soleil sur une période d’environ 100 000 ans.
Le soleil est donc le facteur principal, mais sa chaleur doit atteindre la surface de la Terre, là où nous vivons, en traversant l’atmosphère. Une partie de cette chaleur est absorbée, une autre est réfléchie, et seule une fraction atteint la surface. C’est un autre facteur d’influence. Une fois à la surface, la chaleur interagit de manière complexe avec les terres, les océans et les écosystèmes. Si l’énergie sortante, c’est-à-dire l’énergie qui quitte la surface, est supérieure à l’énergie entrante, c’est-à-dire l’énergie qui y pénètre, la température superficielle augmente. En analysant les données tendancielles cela montre en bref comment le réchauffement climatique fonctionne réellement.
Le réchauffement géologique se produit généralement sur des millénaires, mais le réchauffement actuel se produit en quelques décennies. Votre argument de « variabilité naturelle » permet-il d’expliquer ce rythme de changement sans précédent ?
Si l’on regarde les 40 dernières années, les mille dernières années, le million d’années passées, et même les cent millions d’années passées, on observe le même schéma : des hauts et des bas, des hauts et des bas, à différentes échelles.
Il y a environ mille ans, nous étions dans une période chaude. Il y a environ 500 ans, nous étions dans le Petit Âge glaciaire. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle période de réchauffement. À un certain moment, nul ne sait précisément quand, nous atteindrons un maximum, puis les températures baisseront à nouveau. Ce phénomène s’est produit tout au long de l’histoire car le système climatique est un système à rétroaction. Les systèmes à rétroaction connaissent naturellement des fluctuations.
On observe des périodes glaciaires suivies de périodes interglaciaires chaudes, puis un retour à la baisse. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur les 30 dernières années avec des modèles limités. Il est nécessaire d’étudier l’histoire climatique dans son ensemble. Ce faisant, on constate immédiatement cette alternance constante de hausses et de baisses.
Les forces à l’origine de ces changements sont naturelles et colossales. L’humanité est incapable d’influencer significativement le climat. De légers effets sont envisageables, mais prétendre pouvoir contrôler le réchauffement ou le refroidissement climatique relève de la naïveté, voire de l’arrogance.
Je le répète, le climat agit à plusieurs échelles. Les cycles de Milankovitch se déroulent sur des périodes d’environ 100 000 ans, régissant les périodes glaciaires et les périodes chaudes. Du Petit Âge glaciaire à aujourd’hui, on parle de quelques centaines d’années. À des échelles plus fines, on observe des changements de la météo au jour le jour. C’est ça la réalité.
Le GIEC a en réalité revu à la baisse son niveau de confiance quant au lien entre certains événements météorologiques extrêmes et le changement climatique dans des régions spécifiques. Cette nuance scientifique ne contredit-elle pas votre affirmation selon laquelle ils seraient purement « alarmistes » ?
Je ne dis pas que le GIEC est alarmiste. Je dis simplement qu’il utilise un modèle erroné. Il nous a entraîné dans cette approche centrée sur le CO2 et nous a fait dépenser des milliards de dollars pour tenter d’enrayer le changement climatique, une entreprise impossible qui s’est soldée par un échec retentissant. Tous ces milliers de milliards auraient pu servir à aider les populations pauvres et malades, mais malheureusement, les efforts ont été mal orientés.
Encore une fois, il ne faut pas confondre météo et climat. La météo est un phénomène à petite échelle, tandis que le climat est un système à grande échelle. Météorologie et climatologie opèrent à des échelles très différentes et sont régis par des causes physiques distinctes. Il convient de ne pas les mélanger.
Vous défendez l’énergie nucléaire au thorium, alors qu’elle ne sera pas commercialisée à grande échelle avant plusieurs décennies. Pourquoi instrumentaliser une technologie d’avenir pour bloquer la transition énergétique vers les énergies renouvelables, pourtant disponibles et rentables dès aujourd’hui ?
Excellente question. Soyons clairs : les énergies vertes – éoliennes, panneaux solaires et autres solutions de bioénergie – resteront toujours marginales. Leur contribution sera toujours très faible et leur fiabilité aléatoire, car nous ne maîtrisons ni le vent ni l’énergie solaire qui atteignent notre planète. Ces sources auront toujours un rendement inférieur aux attentes. Je ne dis pas qu’elles sont inutilisables, mais à grande échelle, elles seront toujours insuffisantes.
L’énergie nucléaire, en revanche, représente l’avenir, cela ne fait aucun doute. Songez aux quantités colossales d’énergie dont nous aurons besoin, notamment pour les centres de données et l’avenir de l’intelligence artificielle. Il est donc impératif de réorienter tous nos investissements, en délaissant l’éolien et le solaire au profit du nucléaire. Aujourd’hui déjà, les réacteurs nucléaires sont bien plus performants que l’éolien ou le solaire, et leurs performances continueront de s’améliorer. Il n’existe aucune alternative.
Vous affirmez que les politiques de neutralité carbone rendent les nations trop pauvres pour s’adapter. Comment les nations les plus vulnérables du monde peuvent-elles financer leur adaptation sans les engagements d’atténuation et les financements climatiques des pays riches ?
Les politiques de neutralité carbone sont non seulement inabordables, mais leur impact sur le réchauffement climatique est marginal. Il est immoral de conseiller aux pays pauvres d’appliquer une politique de neutralité carbone. Pour sortir de la pauvreté, ils ont besoin d’un système énergétique abordable et fiable. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils méritent le soutien financier des pays riches. Rappelons que ceux qui s’inquiètent encore du CO2 – ce qui est injustifié, car le CO2 est essentiel à la vie – devraient savoir qu’une plus grande quantité de CO2 signifie une planète plus verte et une agriculture plus productive. Mais même s’ils considèrent le CO2 comme un problème, l’énergie nucléaire ne produit aucune émission de CO2. Alors, qu’attendons-nous ?
J’ai terminé mes questions. Si vous souhaitez ajouter quelque chose, n’hésitez pas.
Oui, je voudrais faire une dernière déclaration. En tant que président de Clintel, j’ai demandé au GIEC, aux Nations Unies et aux Académies des sciences – toutes ces organisations – d’ouvrir un débat public sur le climat. Discutons-en ouvertement, en laissant chaque partie présenter son point de vue. Mais ils ont refusé.
Le principe de la science repose sur le débat. Refuser de débattre d’une question scientifique prouve déjà qu’il ne s’agit pas de véritables scientifiques.
Pour donner un exemple, il y a exactement 100 ans, une importante réunion s’est tenue aux Pays-Bas, où je vis, rassemblant de grands scientifiques comme Niels Bohr et Einstein. Ils ont discuté avec respect des divergences concernant le modèle atomique, ce qui a permis des avancées impressionnantes en science atomique. Je cite régulièrement cet exemple au GIEC : organisons ce même type de débat ouvert, en discutant respectueusement des avantages et des inconvénients.
En définitive, le problème majeur actuel est que les modèles climatiques sont inadaptés. Ils ne reflètent pas la réalité. C’est pourquoi la politique de neutralité carbone ne fonctionne pas. Nous avons besoin de changements fondamentaux dans la science et les politiques climatiques. Nous constatons d’ailleurs que ce message gagne en popularité.
Finally, the big problem today is that climate models are not fit-for-purpose. They do not reflect the real world. That is the reason why the Net Zero policy does not work. We need fundamental changes in climate science and climate policies. We now see that this message gets more and more support.
more news
Interview with Dr. Guus Berkhout: A Different Perspective on Climate Science and Energy Policy
The big problem today is that climate models are not fit-for-purpose, says Clintel co-founder dr. Guus Berkhout. They do not reflect the real world. That is the reason why the Net Zero policy does not work. We need fundamental changes in climate science and climate policies. We now see that this message gets more and more support.
Judge Rejects Climate Dogma, Begins to Restore Integrity
In a significant move for scientific accountability, a U.S. federal judge has removed a controversial climate change chapter from a key judicial reference manual. The decision challenges the dominance of model-based climate narratives in the courts and signals a renewed emphasis on empirical evidence and institutional integrity.
Ed Miliband is the last fool standing on Net Zero
As the United States moves to reconsider key climate regulations, Britain’s aggressive push toward Net Zero is drawing increasing scrutiny. In this commentary, Matt Ridley argues that unilateral decarbonisation risks leaving the UK economically isolated while much of the world shifts course.





