Folie de la zéro émission nette : comment la Corée du Sud orchestre son propre désastre énergétique

In this analysis, Vijay Jayaraj argues that South Korea’s net zero policies are undermining energy security, threatening industrial stability and risking long-term economic decline.

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Séoul -Source: www.pexels.com

Vijay Jayaraj
Date: 26 janvier 2026

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La Corée du Sud déclare la guerre à ses propres infrastructures énergétiques

Sans se soucier des ravages économiques que les politiques de zéro émission nette ont engendrés au Royaume-Uni et en Allemagne, la Corée du Sud, une puissance économique, a déclaré la guerre au charbon et au gaz naturel liquéfié (GNL) afin de poursuivre des réductions plus agressives des émissions de gaz à effet de serre.

Faisant preuve d’un masochisme national, Séoul abandonne les combustibles mêmes qui ont bâti son économie – et, avec le pétrole, l’ensemble du monde industriel. D’ici 2038, le pays prévoit de réduire la part combinée du GNL et du charbon dans la production d’électricité de 60 % à 20 %, tout en augmentant celle des énergies dites renouvelables – comme l’éolien et le solaire – à 33 %, contre 9 % aujourd’hui.

Jusqu’en novembre 2025, la situation semblait plus stable, Séoul s’efforçant d’assurer son avenir. Le gouvernement a dynamisé les investissements dans les projets régionaux de GNL, augmenté les réserves stratégiques de pétrole et a chargé ses géants énergétiques – SK Innovation et KOGAS – d’assurer l’approvisionnement en gaz naturel auprès de l’Indonésie et de l’Australie.

Depuis, le gouvernement a échangé cette stratégie contre des objectifs dénués de toute logique. Le nouveau plan exige une réduction de 40 % des émissions industrielles d’ici 2030 (par rapport aux niveaux de 2018) et mise tout sur des technologies non éprouvées comme l’hydrogène, l’éolien et le solaire. Il ne s’agit pas d’une transition rationnelle, mais plutôt d’une démonstration de vertu irresponsable qui met en péril la survie même du pays.

L’illusion de l’hydrogène et le cimetière mondial des projets ratés

L’aspect le plus dangereux de la nouvelle orientation de Séoul réside peut-être dans son projet de remplacer le GNL par l’hydrogène. L’hydrogène et les piles à combustible devraient représenter 7 % du mix énergétique. C’est une illusion, comme l’ont démontré les projets avortés qui ont jonché le « cimetière de l’hydrogène » en 2025.

Le projet d’hydrogène du Queensland central en Australie, un projet phare de 14 milliards de dollars destiné à l’exportation, s’est effondré cette année à la suite du retrait du soutien gouvernemental. La multinationale britannique BP s’est retirée du gigantesque pôle australien d’énergies renouvelables de 26 gigawatts situé dans la région de Pilbara. Le développeur énergétique Fortescue, fervent défenseur de l’hydrogène vert, a abandonné ses projets en Arizona et en Australie, son pays d’origine.

Le projet LEAG en Allemagne, présenté comme l’un des plus grands pôles d’énergie verte d’Europe, a été reporté sine die. Les aciéries vertes d’ArcelorMittal à Brême ont été abandonnées malgré des offres de subventions de plusieurs milliards d’euros.

Désindustrialisation : le coût réel des politiques de neutralité carbone

En Corée du Sud, une telle imprudence entraînera des pertes d’emplois et la fermeture d’usines. Plus de 30 % du produit intérieur brut de la Corée du Sud provient de son secteur industriel, soit près du double de celui du Royaume-Uni. La production d’acier, de produits pétrochimiques et de semi-conducteurs exige une énergie constante et stable, ce que l’énergie éolienne et solaire, dépendante des conditions météorologiques, ne peut pas fournir.

L’introduction d’énergie « verte » dans les réseaux électriques oblige les industries à supporter les coûts supplémentaires des sources d’électricité de secours, voire pire, à réduire leur production. Nous connaissons déjà la fin de ce scénario, pour l’avoir constaté en Europe.

L’Allemagne, modèle de vertu écologique sur le continent, se désindustrialise à un rythme de 4,5 % en 2024, s’inscrivant dans une tendance baissière observée depuis plusieurs années. La même année, la consommation d’énergie industrielle du Royaume-Uni a diminué de 1,2 % par rapport à 2023, atteignant, selon le gouvernement, « le niveau de consommation industrielle le plus bas depuis plus de 50 ans ».

La Banque d’Angleterre a averti : « Les politiques de neutralité carbone ralentissent l’économie mondiale. » La Banque mondiale prévoit que « les années 2020 seront la décennie la plus faible pour la croissance mondiale depuis le début de ses relevés dans les années 1960.

Que ce déclin soit intentionnel ou dû à une incompétence stupide, ses conséquences sont prévisibles. Dans un réseau électrique coréen dominé par les énergies renouvelables, les industries de transformation massive des matériaux de base, comme les aciéries de POSCO et les usines pétrochimiques de Lotte, pourraient être les premières victimes, compte tenu de leurs marges de profit extrêmement faibles.

L’énergie nucléaire ne peut pas sauver une transition imprudente

L’approbation du réacteur nucléaire Saeul-3 en Corée du Sud et le développement des petits réacteurs modulaires sont des signes encourageants. L’énergie nucléaire est la seule source d’énergie non fossile offrant la densité énergétique et la fiabilité nécessaires à une économie industrielle. Mais soyons réalistes : il est impossible de mettre en service un nombre suffisant de centrales nucléaires assez rapidement pour compenser le déficit énorme que le gouvernement creuse en réduisant drastiquement l’utilisation des énergies fossiles.

La Corée du Sud choisira-t-elle la réalité économique plutôt que l’idéologie ?

Il n’est pas trop tard pour changer de cap. La Corée du Sud est devenue le « miracle du fleuve Han » en ignorant les modes idéologiques et en se concentrant sur une efficacité économique implacable. Séoul doit désormais répondre à la question suivante : gouvernera-t-elle pour ses citoyens ou abandonnera-t-elle sa souveraineté envers une collaboration internationale pseudo-scientifique d’idéologues qui ne profite ni aux travailleurs ni aux industriels ?

Ni, d’ailleurs, pour la planète que ce culte prétend de sauver.

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Ce commentaire a été initialement publié dans le California Globe le 21 janvier.

Vijay Jayaraj

Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi que d’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’unité de recherche sur les océans en mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.

Traduction : Eric Vieira

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