Il faut davantage de réalisme concernant l’élévation du niveau de la mer dans la conception des infrastructures côtières
Des recherches récentes montrent que les projections d’élévation du niveau de la mer sont (nettement) supérieures aux observations réalisées jusqu’à présent. Cela signifie que les infrastructures côtières sont généralement surdimensionnées et donc peu rentables.
Cette semaine, le groupe de réflexion britannique GWPF (Global Warming Policy Foundation) a publié un nouveau rapport, rédigé par le Dr Hessel Voortman, intitulé « Élévation du niveau de la mer : constats et solutions d’ingénierie ». Voortman est un ingénieur côtier néerlandais possédant plus de 25 ans d’expérience dans les études de faisabilité, la conception et la mise en œuvre de projets d’ingénierie hydraulique.
Harry Wilkinson, responsable des politiques au sein du GWPF, a déclaré lors de la présentation du rapport : « Hessel délivre un message pragmatique que les autorités scientifiques, les décideurs politiques et les ingénieurs devraient prendre en compte. Une bonne défense côtière exige une prise en compte souple de divers facteurs, et il est crucial pour les communautés côtières que cette prise en compte soit effectuée correctement. »
L’une des conclusions de Voortman est que les projections du niveau de la mer sont généralement associées à une incertitude considérable à long terme. Plus important encore, des recherches récentes montrent que ces projections sont (nettement) supérieures aux observations réalisées à ce jour. Cela signifie que les conceptions d’infrastructures côtières basées sur ces projections sont surdimensionnées et, par conséquent pas rentables.
Aucune accélération
Voortman fait notamment référence à d’importantes publications qu’il a lui-même publiées en 2025 et 2023 sur l’écart entre les observations et les projections du niveau de la mer. Concernant l’étude de 2025 : « Nous avons comparé l’élévation du niveau de la mer simulée par les modèles climatiques utilisés par le GIEC pour l’année 2020 avec l’élévation réelle mesurée. Il s’avère que les valeurs du niveau de la mer simulées par le GIEC sont systématiquement trop élevées, en moyenne d’environ 2 mm/an de plus que les valeurs mesurées, avec d’importantes variations régionales. »
D’après les recherches de Voortman, il n’y a pas d’accélération de la montée du niveau de la mer, contrairement à ce qui est souvent affirmé, tant aux Pays-Bas qu’à l’échelle mondiale. Hessel Voortman avait déjà démontré l’inexactitude de cette affirmation pour les Pays-Bas dans une publication antérieure datant de 2023.
Voortman évoque avec euphémisme l’écart entre les prévisions et les observations réelles : « Il y a des marges de progression en ce qui concerne la concordance entre l’élévation du niveau de la mer prévue et observée. »
Recherche locale
Autres observations clés du rapport Voortman :
- Les données observées sur le niveau de la mer sont imprécises et peuvent facilement être mal interprétées ; les cycles des marées, le vent, les mouvements du sol et les activités humaines peuvent facilement être confondus avec des changements liés au climat.
- Les infrastructures côtières doivent être conçues en fonction du niveau relatif de la mer à l’échelle locale et de leur durée de vie prévue, et non selon des moyennes mondiales ou nationales. À cet égard, le GIEC a réalisé des progrès : « Dans son dernier rapport de 2021, le GIEC a publié des projections du niveau futur de la mer pour de nombreuses régions du monde. Il s’agit d’un ajout louable aux rapports précédents, qui ne formulaient que des constats globaux. En effet, les informations locales sont essentielles pour des applications pratiques (protection contre les inondations). »
Voortman conclut par une recommandation générale : « Une adaptation côtière efficace repose sur la collaboration entre la science, les politiques publiques et la technologie. La science doit continuer d’améliorer les prévisions locales et leur cohérence avec les observations, tandis que les politiques publiques doivent fournir un encadrement flexible permettant le renouvellement rapide des infrastructures côtières essentielles. Les ingénieurs s’appuient sur les données scientifiques et travaillent dans le cadre défini par les politiques publiques. »
Le rapport a été présenté le lundi 26 janvier lors d’un événement à Londres, dont l’enregistrement est disponible ici.
Traduction : Eric Vieira
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