La conclusion de mise en danger était préétablie

Dans cette analyse, le Dr Matthew Wielicki examine la conclusion de l’APE de 2009 sur la mise en danger, affirmant que la décision a été prise en réalité à l’avance et justifiée ultérieurement par un examen scientifique structuré, avec des conséquences importantes pour la réglementation climatique.

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Dr. Matthew Wielicki

Date: 12 février 2026

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La conclusion de l’APE (EPA) de 2009 sur la mise en danger de l’environnement est devenue le fondement juridique de la politique climatique américaine moderne. La décision climatique la plus importante de l’histoire moderne des États-Unis est en train d’être discrètement démantelée.

Selon un article du Wall Street Journal, l’administration Trump s’apprête à abroger la conclusion de l’APE de 2009 sur la mise en danger de l’environnement – ​​la pierre angulaire réglementaire qui a permis quinze années de réglementations climatiques, de mandats sur les véhicules, de contrôles du secteur de l’énergie et de coûts de mise en conformité se chiffrant en milliers de milliards de dollars.

Et pourtant, chose étonnante, presque personne ne parle de la science.

Le débat public porte presque exclusivement sur la procédure : la validité de l’abrogation face aux contestations judiciaires, le respect des procédures par les agences, les avantages excessifs dont bénéficie l’industrie et l’éventuelle intervention des tribunaux. Or, on oublie une fois de plus de se demander sérieusement si la conclusion de mise en danger était scientifiquement ou juridiquement justifiée dès le départ.

Cette omission n’est pas accidentelle. Elle constitue la caractéristique déterminante de la politique climatique moderne.

Une décision prise d’abord, justifiée ensuite

La conclusion de l’APE concernant le danger que représente le dioxyde de carbone fait suite à l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire Massachusetts v. EPA, qui autorisait simplement la prise en compte des gaz à effet de serre (GES) au titre de la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act). Cet arrêt n’obligeait pas l’APE à déclarer le dioxyde de carbone dangereux pour la santé publique. Cette décision relevait de la compétence de l’agence.

Et l’agence a rapidement donné sa réponse.

Une enquête récente du Bureau de la responsabilité et de la surveillance gouvernementale (GAO) confirme ce que beaucoup d’entre nous soupçonnaient déjà : la conclusion relative au danger pour la santé reposait sur un postulat préétabli. La démarche scientifique qui a suivi n’avait pas pour but de déterminer si le CO₂ représentait un danger, mais de justifier une mesure réglementaire jugée politiquement nécessaire.

Constat du bureau de la surveillance :
« …la conclusion de mise en danger a été traitée en interne comme une « décision prête à être mise en œuvre », avec un examen scientifique structuré autour de la défense du résultat… »

C’est l’argument central que j’ai développé dans mon précédent article pour Irrational Fear, intitulé  « Monsieur Zeldin, allez-vous sauver l’Amérique de la fraude climatique de l’APE ? » , où j’ai retracé comment une simple décision bureaucratique s’est transformée en un contrôle généralisé de l’énergie et de la mobilité à l’échelle de l’économie. J’ai approfondi cette analyse dans  « La guerre juridique climatique » , en montrant comment les tribunaux ont par la suite protégé des programmes massifs de dépenses climatiques fondés exclusivement sur l’autorité de la conclusion de mise en danger.

Rien de tout cela n’était hypothétique. C’était documenté. C’était observable. Et cela a été ignoré.

Ce que la conclusion sur la mise en danger n’a jamais abordé

Une véritable évaluation scientifique du risque d’extinction aurait exigé de prendre en compte des faits gênants. Ce qui n’a pas été le cas en 2009.

Elle n’a jamais sérieusement abordé le rôle du  rétablissement naturel après le Petit Âge glaciaire , une période de températures mondiales exceptionnellement basses qui a culminé bien avant les émissions industrielles de CO₂ et dont la planète se remet depuis plus d’un siècle. Considérer tout réchauffement post-XIXᵉ siècle comme sans précédent et dangereux a nécessité de passer sous silence ce contexte.

Elle n’a pas non plus pris en compte les  avantages nets d’un réchauffement modéré pour les sociétés humaines. Le froid est bien plus mortel que la chaleur. La productivité agricole s’améliore avec des saisons de croissance plus longues. L’accès à l’énergie réduit la vulnérabilité. Ces réalités contredisent le discours simpliste et néfaste qui sous-tend cette conclusion.

Plus flagrant encore, l’APE a occulté les bienfaits de  la fertilisation au CO₂ , malgré des preuves observationnelles de plus en plus nombreuses, désormais irréfutables, démontrant que des concentrations plus élevées de CO₂ ont accru la surface foliaire mondiale, amélioré l’efficience d’utilisation de l’eau par les plantes et stimulé les rendements agricoles. Les données satellitaires ne corroboraient pas le scénario d’un déclin planétaire, mais plutôt celui d’un verdissement généralisé.

L’absurdité de qualifier 420 ppm « d’air impur »

Le défaut le plus fondamental de la conclusion relative à la mise en danger est peut-être d’ordre conceptuel.

Pendant la majeure partie de l’histoire de la Terre, les niveaux de CO₂ atmosphérique n’étaient pas de 280 ppm ou 420 ppm, mais de 1 000 à plus de 4 000 ppm. La vie ne s’est pas effondrée dans ces conditions. Elle a prospéré. Les forêts se sont étendues. La biodiversité a augmenté. Des écosystèmes entiers se sont développés.

Dans ce contexte, l’affirmation selon laquelle l’atmosphère actuelle — avec environ 0,04 % de CO₂ — constitue de « l’air pollué » s’effondre sous un examen minimal. Le dioxyde de carbone n’est ni du mercure, ni du dioxyde de soufre, ni du plomb. C’est une molécule essentielle à la vie.

Cette figure présente des estimations des variations de la concentration en dioxyde de carbone au cours du Phanérozoïque. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Phanerozoic_Carbon_Dioxide.png

Il ne s’agit pas d’une déclaration idéologique. Il s’agit de notions de chimie élémentaire.

La conclusion relative à la mise en danger a nécessité une redéfinition de cette chimie pour rendre la réglementation possible.

Des années d’écriture, une seule conclusion

Chez Irrational Fear, j’ai consacré des années à examiner ces questions sous de multiples angles : statistiques sur les catastrophes, relevés du niveau de la mer, données sur les ouragans, coûts du changement climatique, adaptation et l’incapacité récurrente des modèles de projection à correspondre aux observations. J’ai officiellement soumis ces conclusions à l’APE dans le cadre de mon observation publique appuyant la demande de réexamen de la conclusion de mise en danger, en m’appuyant directement sur des centaines d’analyses antérieures.

La conclusion est restée la même : les preuves n’ont jamais permis de conclure à une mise en danger.

Ce qui a changé, ce ne sont pas les données.

Ce qui a changé, c’est la tolérance juridique et politique à l’égard de ceux qui prétendent le contraire.

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Si vous découvrez ce site, sachez que cet article fait partie d’un ensemble de travaux beaucoup plus vaste. J’ai publié  plus de 420 articles originaux  sur Irrational Fear, analysant les sciences et les politiques climatiques en privilégiant une approche factuelle… la plupart sont en accès libre, et nombre d’entre eux proposent une analyse plus approfondie réservée aux abonnés.

Sous le paywall, je détaillerai précisément ce que montrent les documents de surveillance, comment ils s’alignent sur des années d’analyses antérieures et pourquoi la conclusion de mise en danger s’effondre désormais sous son propre poids.

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Dr. Matthew Wielicki

Cet article a été publié le 10 février 2026 par le Dr Matthew Wielicki sur son site web Irrational Fear.

En vous abonnant, vous pourrez débloquer l’analyse complète et accéder à plus de 380 articles approfondis qui déconstruisent les fondements du discours sur la crise climatique.

Traduction : Eric Vieira

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