L’administration Trump adopte une nouvelle stratégie en matière d’éolien offshore
Les premières tentatives de l’administration Trump pour bloquer les projets éoliens en mer se sont heurtées à une opposition judiciaire massive. Selon Francis Menton, l’administration a désormais opté pour un plan B. Il semblerait qu’elle commence à faire des accords à l’amiable avec les promoteurs de parcs éoliens, leur versant des sommes considérables pour qu’ils abandonnent leurs projets.
Parmi toutes les solutions farfelues que l’humanité est censée proposer pour « sauver la planète » en réduisant les émissions de dioxyde de carbone, l’éolien en mer est sans doute l’une des plus extravagantes. Entre le coût de construction et d’intégration des installations et l’intermittence de la production, le développement de l’infrastructure éolienne en mer fait craindre une hausse importante et croissante des factures d’électricité pour les consommateurs.
Malgré l’absence de toute démonstration de faisabilité ou de coût de l’exploitation du réseau électrique par l’éolien offshore, l’administration Biden (avec le soutien du Congrès) a injecté des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars de fonds publics dans le secteur sous forme de crédits d’impôt à durée de vie illimitée.
Mur d’opposition
L’administration Trump est arrivée au pouvoir en affichant une hostilité notoire envers l’éolien en mer. Cependant, ses premières tentatives pour stopper la construction de ces projets se sont heurtées à une opposition judiciaire massive. Mais plutôt que d’abandonner ou de s’engager dans des années de procédures d’appel aux résultats incertains, l’administration a reconsidéré sa stratégie et a élaboré un plan B. Celui-ci me semble prometteur.
Mais il y avait d’abord le plan A. Le 22 décembre 2025, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il ordonnait la suspension de tous les projets éoliens offshore en construction aux États-Unis.
Le motif invoqué était la sécurité nationale :
Le ministère de l’Intérieur a annoncé aujourd’hui la suspension—à effet immédiat—des contrats de concession pour tous les grands projets éoliens offshore en construction aux États-Unis, en raison des risques pour la sécurité nationale identifiés par le ministère de la Guerre dans des rapports classifiés récemment finalisés.
L’ordonnance du ministère de l’Intérieur a immédiatement suscité une avalanche de poursuites judiciaires qui, en quelques semaines seulement, ont abouti à cinq injonctions préliminaires en faveur de cinq projets distincts. Un article du New York Times, daté du 2 février 2026, rendait compte sur un cinquième de ces injonctions :
Un juge fédéral a invalidé lundi l’ordre du ministère de l’Intérieur d’interrompre les travaux d’un parc éolien de plusieurs milliards de dollars au large des côtes de l’État de New York. C’est la cinquième fois en trois semaines qu’un juge fédéral s’oppose à la croisade de l’administration Trump contre les cinq parcs éoliens en construction dans les eaux fédérales le long de la côte Est. Les quatre décisions précédentes autorisaient la poursuite des travaux des parcs Revolution Wind (au large de Rhode Island), Empire Wind (au large de New York), Coastal Virginia Offshore Wind (au large de la Virginie) et Vineyard Wind (au large du Massachusetts).
Plan B
En février dernier, le New York Times affichait un triomphalisme général. Mais aujourd’hui, ce triomphalisme a laissé place à l’indignation habituelle, car l’administration a élaboré un plan B et a commencé à le mettre en œuvre. L’article du 27 avril du New York Times titrait : « L’administration Trump versera davantage d’argent aux entreprises énergétiques pour qu’elles annulent les projets de parcs éoliens. »
Le plan B semble basée sur des accords à l’amiable que l’administration conclue avec les promoteurs de parcs éoliens, en vertu desquels le gouvernement leur verse des sommes considérables pour qu’ils abandonnent les projets. De plus, ces accords les obligent à réinvestir les fonds dans des projets pétroliers et gaziers aux États-Unis. Un premier accord de ce type a été conclu avec le promoteur français TotalEnergies en mars, puis, fin avril, l’administration a conclu deux autres accords similaires avec d’autres promoteurs. Extrait de l’article du Times sur les accords d’avril :
L’administration Trump versera des centaines de millions de dollars aux entreprises énergétiques pour qu’elles renoncent à leurs projets de construction de deux parcs éoliens au large des côtes américaines, a annoncé lundi le ministère de l’Intérieur. Cette mesure reprend une tactique déjà employée par le gouvernement le mois dernier pour annuler d’autres concessions éoliennes en mer. Les entreprises perdront ainsi leurs droits d’exploitation dans les eaux fédérales pour ces deux parcs éoliens, dont l’un aurait dû être construit au large de New York et du New Jersey, et l’autre au large de la Californie. Le gouvernement remboursera aux entreprises un total de 885 millions de dollars, soit le montant qu’elles avaient versé pour ces concessions sous l’administration Biden. En contrepartie, les entreprises se sont engagées à investir cette somme dans des projets pétroliers et gaziers, notamment des installations de gaz naturel liquéfié le long de la côte du Golfe du Mexique.
Outrage
L’indignation habituelle est palpable :
Ces accords constituent des transferts exceptionnels de fonds publics à des entreprises privées dans le but de freiner le développement de l’énergie éolienne en mer, une source d’énergie propre que M. Trump dénigre depuis des décennies. Le président a affirmé à tort que les éoliennes en mer ne fonctionnent pas et qu’elles tuent des baleines.
Voilà leur version des faits. Personnellement, je trouve ces accords plutôt avantageux. D’après le Times lui-même, les 885 millions de dollars ne sont qu’un remboursement des sommes versées initialement au gouvernement par les entreprises pour l’acquisition des concessions. Quel aurait été le coût de ces projets pour les contribuables en crédits d’impôt sur leur durée de vie ? Un crédit d’impôt à l’investissement de 30 % aurait été accordé. Avec un investissement déclaré d’environ 3 milliards de dollars pour Bluepoint Wind et jusqu’à 20 milliards pour Golden State Wind, les crédits d’impôt à l’investissement auraient pu atteindre jusqu’à 7 milliards de dollars. Les crédits d’impôt à la production, à 2,6 cents par kWh, auraient pu représenter des milliards supplémentaires. Et cela, pour une énergie intermittente qui n’aurait pu remplacer aucune des capacités de production pilotables existantes.
Les termes complets des accords conclus avec les promoteurs des parcs éoliens de Bluepoint et de Golden State n’ont pas été divulgués. Cependant, si ces accords sont structurés comme des règlements de litiges, ils seront vraisemblablement beaucoup plus protégés contre toute ingérence judiciaire que de simples décisions administratives, comme ce fut le cas dans le cadre du Plan A. De plus, cette structure rendra beaucoup plus difficile pour une administration ultérieure de revenir sur sa décision et de relancer ces projets.
Cet article a été initialement publié sur Manhattan Contrarian, le 10 mai 2026.

Francis Menton
Le 31 décembre 2015, Francis Menton a pris sa retraite après plus de 40 ans (dont 31 en tant qu’associé) au sein du cabinet d’avocats Willkie Farr & Gallagher LLP. Il peut désormais consacrer davantage de temps à son blog, Manhattan Contrarian. Il y publie des articles « rebelles » depuis le quartier de West Village à Manhattan, où, selon lui, les habitants souffrent d’une « orthodoxie politique et idéologique étouffante ». Vous pouvez suivre Francis Menton sur Twitter en cliquant sur ce lien.
Traduction : Eric Vieira
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