L’Inde aide les États-Unis à réparer les dégâts « verts »

Pour la première fois en 50 ans, les États-Unis s’apprêtent à construire une nouvelle raffinerie de pétrole, marquant un tournant décisif dans leur stratégie énergétique, affirme Vijay Jayaraj. Situé dans le port de Brownsville, ce projet illustre un nouveau partenariat américano-indien et une reconsidération plus large de la politique énergétique axée sur le climat.

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Image créée par ChatGPT

Vijay Jayaraj

Date: 11 avril 2026

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Pour la première fois en un demi-siècle, les États-Unis verront la construction d’une toute nouvelle raffinerie de pétrole. Située au port de Brownsville, cette installation promet de dynamiser les marchés intérieurs, de garantir la sécurité nationale et de générer des milliards de dollars de croissance économique locale.

Le coup de maître du président Donald Trump concernant les raffineries, conclu avec l’entreprise indienne Reliance Industries, dépasse le simple cadre d’un accord commercial ; il s’agit d’une réprimande politique et morale infligée à la guerre du complexe climato-industriel contre l’énergie abordable. Et cela a été possible parce que les géants asiatiques de l’énergie ont refusé de céder devant l’alarmisme climatique alors que les élites politiques, aux Nations Unies et ailleurs, ont tenté de paralyser leurs activités.

Pourquoi une raffinerie maintenant ?

Pour comprendre pourquoi l’Amérique a besoin d’un conglomérat indien pour construire sa première raffinerie depuis 50 ans, il faut examiner l’état déplorable des infrastructures occidentales.

Les États-Unis exploitent environ 132 raffineries capables de traiter 18 millions de barils par jour. Le problème réside dans leur conception. Des ingénieurs ont construit ces installations il y a des décennies pour traiter du pétrole brut lourd et acide importé de pays comme le Venezuela ou le Canada. Elles sont totalement inadaptées aux volumes massifs de pétrole brut léger et doux qui jaillissent actuellement des formations de schiste américaines.

La révolution de la fracturation hydraulique a doté les États-Unis d’une arme géopolitique redoutable : des réserves inépuisables de pétrole de schiste léger. Pourtant, les litiges environnementaux et l’alarmisme climatique ont freiné la construction des installations nécessaires à son traitement. Le projet de Brownsville lève cet obstacle.

Trey Griggs, d’America First Refining, le qualifie de « l’un des projets d’infrastructure énergétique les plus importants des États-Unis à l’heure actuelle ». Les planificateurs prévoient que le site traitera 1,2 milliard de barils de pétrole de schiste léger, d’une valeur de 125 milliards de dollars. Doté d’une capacité annuelle de 60 millions de barils, l’installation bénéficiera d’un port en eau profonde afin de dominer la distribution pour l’exportation mondiale.

Pourquoi Reliance ?

Le choix de Reliance Industries pour cette mission historique est la décision la plus judicieuse que l’administration pouvait prendre. Reliance n’a pas cédé aux exigences des Nations Unies concernant l’abandon progressif des énergies fossiles. L’entreprise a ignoré les discours alarmistes et a choisi au contraire de construire une infrastructure énergétique de pointe.

Reliance exploite le complexe de raffinage de Jamnagar, situé dans l’État du Gujarat, sur la côte ouest de l’Inde. Le site énorme ultramoderne de Jamnagar, capable de traiter jusqu’à 1,4 million de barils de pétrole brut par jour, est le plus grand centre de raffinage au monde sur un seul site.

L’indice de complexité Nelson de Jamnagar – une mesure de sa capacité à transformer du pétrole brut de moindre qualité en produits à haute valeur ajoutée – classe sa raffinerie bien au-dessus des installations les plus avancées d’Amérique du Nord et d’Europe.

Concrètement, cela signifie que Reliance peut s’approvisionner avec plus de 200 types de pétrole brut différents, y compris des barils de mauvaise qualité que de nombreuses usines occidentales ne peuvent pas traiter, et les transformer en essence à faible teneur en soufre, en diesel, en kérosène et en matières premières pétrochimiques.

Ainsi, lorsque Trump affirme que l’installation de Brownsville sera « la raffinerie la plus propre au monde » et qu’elle alimentera les exportations mondiales tout en soutenant les marchés intérieurs, il s’appuie sur une expérience acquise au fil des décennies dans les raffineries côtières de l’Inde.

Le gouvernement américain n’importe pas une « capacité » abstraite d’Inde; il importe des décennies de savoir-faire accumulés dans une culture politique qui n’a pas diabolisé les hydrocarbures.

Écosystème pro-hydrocarbures

Alors qu’une grande partie de l’Europe occidentale considère les énergies fossiles comme un mal transitoire à réduire au plus vite, le partenariat américano-indien évolue dans la direction opposée. Autant l’Inde que l’administration américaine actuelle ont opté pour des politiques favorables à l’énergie et au bien-être des populations, plutôt que de céder aux pressions des groupes qui perçoivent les hydrocarbures comme une abomination morale.

Le président Trump a axé son programme sur la domination énergétique sous l’égide de « l’Amérique d’abord », associant des réformes fiscales et réglementaires à un soutien politique explicite au pétrole, au gaz et au charbon – du forage aux pipelines en passant par les raffineries.

Les dirigeants indiens, quant à eux, ont rejeté tout calendrier contraignant de neutralité carbone et continuent de privilégier les sources d’énergie fiables, la croissance industrielle et la création d’emplois plutôt que des objectifs symboliques de réduction des émissions. Le Premier ministre Narendra Modi a récemment célébré une étape nationale majeure, qualifiant la production d’un milliard de tonnes de charbon, un moment de grande fierté pour le pays. Les analystes prévoient une augmentation de la production annuelle de charbon en Inde de 6 à 7 % .

Cet écosystème ouvert — où les projets pétroliers et gaziers peuvent se poursuivre et où le charbon reste un élément du mix énergétique — a permis à des champions régionaux comme Reliance de perfectionner leurs compétences en matière de raffinage complexe, de logistique et d’exécution de projets à grande échelle.

Le refus de l’Asie de cautionner la désinformation climatique a permis aux pays occidentaux de nouer désormais des partenariats avec ses entreprises pour reconstruire sa puissance énergétique et manufacturière, érodée par des politiques déconnectées de la réalité physique.

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Ce commentaire a été initialement publié sur PJ Media le 31 mars 2026.

Vijay Jayaraj

Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi que d’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’unité de recherche sur les océans en mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.

Traduction : Eric Vieira

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