Que faut-il faire pour stopper les glissements de terrain au Népal (surtout ceux, terribles, qui ont eu lieu il y a 800 ans) ?

L’industrie du « porno climatique » utilise déjà les images de mort et de destruction effroyables au Népal pour vendre le zéro émission nette et le socialisme, alors même que les glissements de terrain ont toujours existé, et qu’il y en a eu un bien pire en 1190 après J.-C., déclare Jo Nova.

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Nepal landslide disaster near the Chinese border

Le site frontalier sino-népalais. (Photo de Wikimedia)

Jo Nova
Date : 30 août 2026

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« Voilà le prix de l’inaction face à la crise climatique »,

déclare Sunil Acharya, spécialiste des politiques climatiques internationales et de la transition juste à Katmandou, quoi que cela signifie. Mais qui pourrait le blâmer ? Avec un tel titre, il manquerait à son devoir s’il ne lançait pas un appel urgent à la suite des événements tragiques de cette semaine. J’aimerais bien lui demander combien de panneaux solaires il nous faut installer pour enrayer ces catastrophes ?

Pendant ce temps, le Guardian titre : « Préparez-vous à davantage de catastrophes liées au climat », annonçant un désastre imminent qu’ils prétendent savoir comment éviter, tout comme les guérisseurs traditionnels le font depuis des millénaires. Leurs voyants affirment pouvoir empêcher ces tragédies si vous leur versez suffisamment de subventions, si vous payez la dîme à leurs industries solaires et éoliennes favorites et si vous votez pour leurs politiciens dépensiers !

Mais malheureusement, les glissements de terrain se produisent constamment

Le Népal est un pays aux pentes abruptes et aux vallées profondes inondées de quantités considérables d’eau, ce qui explique la fréquence des glissements de terrain dans l’Himalaya. Ils sont si fréquents que la carte ci-dessous illustre les glissements de terrain survenus dans la région en 2024. Il ne s’agit toutefois pas de la totalité des glissements de terrain de cette année-là, mais seulement les évènements meurtriers. Les points bleus indiquent les glissements de terrain hivernaux, les verts les printaniers, les jaunes en fin de printemps, les oranges et les rouges en été, et les bruns en automne. Il s’agit moins d’un phénomène lié au « changement climatique » que d’un phénomène saisonnier. Et chaque point représente une tragédie humaine.

D’après Dave Petley, The Landscape Blog. Glissements de terrain meurtriers dans l’Himalaya en 2024.

La pire catastrophe remonte à 800 ans

Et bien entendu, des glissements de terrain bien plus importants et catastrophiques se sont produits bien avant la construction des centrales à charbon. Vers 1190, un glissement de terrain monstrueux a eu lieu sur l’Anapurna IV. Les chercheurs estiment que 23 kilomètres cubes de matériaux se sont effondrés lors de ce cataclysme, que les chercheurs décrivent dans l’extrait suivant d’EOS (2023) comme étant « 1 000 fois plus important que les glissements de terrain récents ».

Un glissement de terrain massif a décapité l’un des plus hauts sommets du monde.

L’Annapurna IV s’est effondrée lors d’un glissement de terrain himalayen, et les scientifiques ont finalement déterminé quand et comment cela s’est produit.

« Un glissement de terrain de cette ampleur est sans précédent », a déclaré Ann Rowan, géologue glaciaire  à l’Université de Bergen. Mais l’étude a apporté des preuves convaincantes que de tels événements façonnent les régions les plus élevées de la Terre environ tous les quelques centaines de milliers d’années, ont-elles ajouté, ainsi que d’autres experts.

Vers 1190, le sommet de l’Annapurna IV s’est effondré d’un seul coup, selon les chercheurs. Si la ville de Pokhara, deuxième agglomération du Népal, avait existé à cette époque, elle aurait été rasée. Au lieu de cela, le glissement de terrain a créé une surface plane qui a permis aux populations de s’installer dans la région.

Ils ne sont pas décidés si c’est dû à un tremblement de terre ou à l’optimum climatique médiéval. Mais une chose est sûre : les voitures, les camions et les moteurs à combustion interne n’y sont pour rien.

Les glissements de terrain sont beaucoup plus fréquents dans le monde qu’on ne le pense

Entre 2004 et 2016, 4 862 événements ont eu lieu, causant la mort d’environ 56 000 personnes. Durant cette période, l’humanité a rejeté 400 milliards de tonnes d’émissions de carbone, mais qui peut en constater les effets… ?

Froude MJ et Petley DN 

Et le nombre de décès ne semble pas augmenter non plus, même si la population augmente :

Nombre de décès dus à des glissements de terrain non liés à des séismes. Froude MJ et Petley DN 

Et si l’on se concentre uniquement sur les glissements de terrain déclenchés par les précipitations, car le réchauffement climatique pourrait accroître les pluies… on ne constate aucun effet non plus (voir le graphique « a » ci-dessous). Et si l’on exclut l’effet des séismes (graphique « b » ci-dessous), on ne constate, là encore, aucun effet notable, aucune tendance.

Les auteurs de cet article admettent que l’activité humaine pourrait provoquer davantage de glissements de terrain que le changement climatique :

Notre analyse démontre que les glissements de terrain déclenchés par l’activité humaine sont en augmentation, notamment en lien avec la construction, l’exploitation minière illégale et le terrassement. Ceci confirme l’hypothèse selon laquelle les perturbations anthropiques pourraient avoir un impact plus important sur la fréquence future des glissements de terrain que le climat.

Enfin, pour illustrer la versatilité de nos médias et la fréquence tragique des glissements de terrain, prenons l’exemple de l’Afrique

La semaine dernière, un autre drame s’est produit : 109 personnes ont péri dans l’effondrement d’une mine d’or artisanale à Zamboye, en République centrafricaine. Cet événement n’a même pas été relayé par les médias occidentaux. Pourtant, des images vidéo choquantes sont disponibles  sur YouTube et auraient pu être utilisées.

Mais peut-être que des histoires comme celle-ci nous rappellent simplement la chance que nous avons de ne pas vivre et travailler dans de telles conditions. Comme cela ne contribue pas à faire accepter les revendications syndicales, la lutte contre le changement climatique, ni à convaincre les électeurs de voter pour des gouvernements dépensiers, il semble que les journalistes n’y aient pas porté beaucoup d’intérêt.

C’est tout simplement affreux à regarder. Le danger avec des vidéos comme celle-ci, c’est qu’elles pourraient rappeler aux électeurs que les modes de vie occidentaux sont d’une richesse inouïe et qu’ils vaille la peine de se battre pour les préserver.

Le glissement de terrain de la mine d’or du 18 août 2026 sur le site minier de Zamboye (Zamboï) en République centrafricaine (Youtube).

Ou bien ils pourraient se demander à quoi sert l’ONU lorsqu’elle organise des conférences à 150 millions de dollars dans des stations balnéaires du Pacifique pour sauver des îles qui ne sont pas en train de couler, au lieu d’aider les populations à prévenir ce phénomène-ci ?

Avec tous mes meilleurs vœux et mes sincères condoléances à toutes les personnes touchées par ces événements, où que vous soyez.

Traduction : Eric Vieira

RÉFÉRENCES

Froude M.J. and Petley D.N. 2018. Global fatal landslide occurrence from 2004 to 2016Natural Hazards and Earth System Science 18, 2161-2181. https://doi.org/10.5194/nhess-18-2161-2018

Eos — Dave Petley’s Landslide blog

Cet article a été initialement publié sur joannenova.com.au le 29 août 2026.

Jo Nova

Jo Nova est présentatrice scientifique, auteure, conférencière et ancienne animatrice de télévision ; auteure du « The Skeptic’s Handbook » (Le manuel du sceptique).

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By |2026-08-29T21:32:13+02:00August 30, 2026|Comments Off on Que faut-il faire pour stopper les glissements de terrain au Népal (surtout ceux, terribles, qui ont eu lieu il y a 800 ans) ?
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