Encore une preuve supplémentaire que Mère Nature est bien pire que le changement climatique d’origine humaine
De nouvelles recherches suggèrent qu’une sécheresse naturelle prolongée — et non une autodestruction écologique — a joué un rôle déterminant dans la transformation culturelle de l’île de Pâques. Grâce aux isotopes d’hydrogène conservés dans la cire des feuilles, des scientifiques ont reconstitué des siècles de données pluviométriques, révélant une grave sécheresse au XVIe siècle qui remet en question le récit communément admis d’un effondrement dû à l’activité humaine.
L’extinction des grands arbres et des oiseaux terrestres sur l’île de Pâques a donné naissance à la légende d’une catastrophe écologique d’origine humaine. Or, une nouvelle technique d’estimation des précipitations révèle une terrible sécheresse qui a débuté en 1550 et qui a duré un siècle. Une telle situation aurait été particulièrement dramatique pour une petite île dépourvue de rivières et qui dépendait uniquement des lacs de cratère.
Ces dernières années, le changement climatique catastrophique a apparemment réduit les précipitations de 370 mm. Mais à partir de 1550 environ, les précipitations ont chuté de façon alarmante de 600 à 800 mm par an. Malgré cette grave sécheresse, la population n’a pas été anéantie ; elle ne semble pas s’être effondrée. Cette modification des précipitations a coïncidé avec de nombreux changements culturels et même le développement de jardins de rocaille, appelés paillis lithiques : les agriculteurs, poussés par le désespoir, utilisaient des pierres comme paillis et pour améliorer le sol en limitant l’évaporation.
https://www.nature.com/articles/s43247-025-02801-4/figures/3
Parallèlement à la diminution des pluies, les habitants modifièrent leur mode de vie. Des changements culturels notables eurent également lieu durant cette période. La construction des plateformes cérémonielles « ahu » diminua, et Rano Kao devint un site rituel important. Un nouveau système social, le Tangata Manu, émergea, dans lequel les chefs étaient choisis par le biais de compétitions athlétiques plutôt que par des liens familiaux avec les statues moai.
Cette nouvelle estimation des précipitations provient de Stein et al., qui ont trouvé un moyen d’estimer les précipitations en utilisant les isotopes d’hydrogène dans la cire des feuilles.
« Nous pensons que les cires foliaires de Rapa Nui enregistrent uniquement des informations sur les précipitations et l’aridité locales », explique Redmond Stein, auteur principal de l’étude. En mesurant le rapport entre l’hydrogène « lourd » et l’hydrogène « léger » préservés dans ces cires, les chercheurs ont reconstitué 800 ans d’histoire des précipitations. Les données montrent que les précipitations ont chuté brutalement au milieu du XVIe siècle et sont restées faibles pendant plus d’un siècle. Ainsi, loin d’être considérés comme un peuple insensé ayant érigé des statues de pierre en abattant les derniers arbres, les habitants de Rapa Nui incarnent une remarquable histoire de survie.
J’ai longuement écrit sur l’île de Pâques dans « Et si l’île de Pâques était un exemple de réussite durable plutôt qu’un désastre écocide ? »
Benny Peiser (célèbre pour NetZeroWatch) a publié un article de recherche détaillant comment le véritable désastre a eu lieu lorsque les négriers, les baleiniers et autres sont arrivés dans les années 1800.
Ce minuscule îlot fut découvert par des explorateurs européens il y a plus de trois siècles, au cœur de l’immensité du Pacifique Sud. Sa civilisation atteignit un niveau de complexité sociale tel qu’elle donna naissance à l’une des cultures et prouesses technologiques les plus avancées des sociétés néolithiques au monde. Le savoir-faire et la maîtrise de la taille de pierre à l’île de Pâques surpassaient de loin ceux de toute autre culture polynésienne, tout comme son système d’écriture unique. Cette société extraordinaire se développa, prospéra et perdura pendant plus de mille ans, avant de s’effondrer et de quasiment disparaître.
Bien entendu, les médias n’évoquent rien de tout cela. Au lieu de cela, les gros titres s’attardent sur le caractère « énigmatique » de l’effondrement et sur sa complexité, bien plus grande qu’on ne l’imaginait. Ce ne sont là que des manières détournées de ne pas admettre qu’ils se sont trompés.
La sécheresse qui sévit sur l’île de Pâques coïncide avec le Petit Âge glaciaire. Un monde plus froid est généralement plus sec, car l’évaporation est réduite. Pourquoi-donc souhaiterait-on un monde plus froid ?
RÉFÉRENCE
Stein, R., Curtin, L., Balascio, NL et al. Sécheresse prolongée à Rapa Nui pendant le déclin de la construction de monuments mégalithiques. Commun Earth Environ 6 , 865 (2025). https://doi.org/10.1038/s43247-025-02801-4
Cet article a été initialement publié sur joannenova.com.au

Jo Nova
Jo Nova est présentatrice scientifique, auteure, conférencière et ancienne animatrice de télévision ; auteure du « Manuel du sceptique ».
Traduit par Eric Vieira
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