John Clauser à la conférence Heartland : où sont les preuves ?
Le lauréat du prix Nobel John Clauser était l’un des orateurs de la Conférence internationale sur le changement climatique de la semaine dernière. Clauser affirme qu’il n’existe aucune preuve d’une crise climatique. Il est un signataire éminent de la Déclaration mondiale sur le climat de Clintel.
J’ai passé les deux derniers jours à la Conférence internationale sur le changement climatique, organisée par le Heartland Institute à Washington. De nombreux sujets abordés intéresseront les lecteurs.
Une question majeure, abordée par plusieurs intervenants, porte sur les preuves, et plus particulièrement sur les preuves de l’existence d’une « crise » climatique imminente. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la plupart des affirmations de ce groupe de pression climatique sont dénuées de preuves.
La présentation la plus intéressante sur ce sujet était celle de John Clauser. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Clauser a reçu le prix Nobel de physique en 2022. Son prix portait sur l’« intrication quantique », un phénomène qui semble n’avoir qu’un lien ténu avec le changement climatique. Pourtant, sa présentation laissait entendre que, depuis l’obtention de ce prix, il a consacré une grande partie de son temps à l’étude de la littérature scientifique sur le changement climatique, et plus particulièrement aux données citées pour étayer les affirmations d’une crise climatique imminente. Au fil du temps, il est devenu un climatosceptique très affirmé. C’est un homme manifestement très intelligent, doté d’un esprit critique aiguisé. De plus, il a adopté une approche spécifique : examiner les données à la recherche de lacunes, d’altérations ou de manipulations qui pourraient les rendre insuffisantes pour étayer les affirmations avancées. (Voir également ma série sur la plus grande supercherie scientifique de tous les temps. ) Je pense que cette approche est l’essence même de la méthode scientifique, mais malheureusement, elle est largement absente du culte de la « science » du climat. Enfin, Clauser s’est concentré spécifiquement sur certains défauts ou manipulations des données qui peuvent être facilement constatés et compris par un profane sans aucune expertise scientifique particulière.
Aucune crise climatique avérée
Clauser a intitulé sa conférence : « Le réchauffement climatique, le changement climatique et le consensus scientifique n’ont pas été prouvés. Il n’existe pas de crise climatique avérée. » La conférence était accompagnée d’un diaporama PowerPoint d’environ 124 diapositives, bien trop nombreuses et détaillées pour qu’il puisse tout aborder ou qu’un membre du public puisse prendre des notes complètes. J’ai toutefois réussi à me procurer une copie du diaporama. (La conférence complète de Clauser est disponible sur le site web de Heartland , et je crois savoir que le diaporama y sera également disponible d’ici quelques jours.)
Aujourd’hui, je commencerai par la partie de la présentation de Clauser relative aux phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations, les sécheresses, les ouragans, les tornades, les vagues de chaleur, etc. Pour aborder ce sujet, Clauser a commencé par un article de 2012 paru dans Physics Today, signé Jane Lubchenco et Thomas Karl et intitulé « Prévoir et gérer les phénomènes météorologiques extrêmes » (L&K). À l’époque, sous la présidence de Barack Obama, Lubchenco était administratrice de la NOAA et Karl directeur du Centre national de données climatiques de la NOAA et président du Programme américain de recherche sur le changement global. Autrement dit, ils étaient alors chargés de collecter les données météorologiques américaines, y compris celles relatives aux phénomènes météorologiques extrêmes, pour le compte du gouvernement. Comme Clauser l’a souligné dans son intervention, si des personnes avaient accès aux données les plus fiables pour étayer l’affirmation d’une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, ce sont bien elles.
Lubchenco et Karl
L’article de L&K soutient que les phénomènes météorologiques extrêmes aux États-Unis sont en augmentation et devraient encore s’intensifier avec le réchauffement climatique. Voici le paragraphe d’introduction :
Le climat terrestre se réchauffe et les phénomènes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents. Pour faire face à ces changements, il faudra une collaboration scientifique, des politiques visionnaires et une population informée.
Outre leur propre déclaration en ce sens, L&K citent également plusieurs déclarations similaires du GIEC :
« Il est très probable que les vagues de chaleur augmentent en durée, en fréquence et/ou en intensité sur la plupart des terres émergées. […] Il est probable que la vitesse maximale moyenne des vents des cyclones tropicaux augmente tout au long du siècle prochain. […] Il est probable que la fréquence des fortes précipitations ou la proportion des précipitations totales dues aux fortes pluies augmentent au XXIe siècle dans de nombreuses régions du globe. »
Alors, quelle est la preuve ?
L&K présentent une série de graphiques censés démontrer que les phénomènes météorologiques extrêmes aux États-Unis ont « augmenté de façon constante au cours des dernières décennies ». Pour mesurer l’ampleur de ces phénomènes, L&K ont créé un « Indice des extrêmes climatiques américains ». Ils expliquent que cet indice est calculé en fonction du « pourcentage de la superficie du pays connaissant des températures mensuelles extrêmes, la gravité de la sécheresse, un excédent d’eau dans les sols, le nombre de jours avec et sans précipitations, l’activité des ouragans touchant terre et les épisodes de fortes précipitations en une journée, chaque année ». Cependant, au-delà de cette description, aucune explication technique ni justification de la méthode de calcul utilisée pour élaborer ces graphiques n’est fournie. Une note de bas de page contenant un lien vers un article précédent de Karl sur le sujet, censé contenir ces détails, est introuvable.
Extrêmes climatiques
Mon premier commentaire concernant cet « Indice des extrêmes climatiques » est qu’il s’agit d’un indicateur extrêmement douteux, manifestement très facile à manipuler. Par exemple, qui a déterminé la superficie terrestre touchée par un « ouragan ayant touché terre » ? S’agit-il uniquement de la zone où les vents ont dépassé 120 km/h, ou de la totalité de la zone balayée par le système cyclonique pendant toute sa durée de vie, qui peut s’étendre sur plusieurs jours, la plupart du temps avec des vents bien plus faibles ? Des décisions prises de manière opaque comme celle-ci pourraient facilement être utilisées pour manipuler un tel indice et obtenir le résultat souhaité.
Clauser n’aborde cependant pas cette question et se contente de reprendre les valeurs de l’indice telles que présentées par L&K et de se demander si elles ont réellement augmenté au cours de la période considérée. Voici la figure 2a de L&K, qui illustre les valeurs de leur indice des extrêmes climatiques américains pour la période 1910-2011 :
Si vous regardez ces données et que vous ne constatez aucune augmentation particulière, et encore moins une hausse spectaculaire ces dernières années, vous ne serez pas le seul.
Images miroir
Et ce n’est pas tout. Clauser a repris les valeurs de l’indice représentées sur le graphique à barres et les a reportées sous forme de points sur un nuage de points. Il a ensuite créé un autre graphique en inversant l’ordre des observations, les plus récentes se trouvant à gauche et les plus anciennes à droite. Autrement dit, les deux graphiques sont symétriques. Les voici :
Les années sur l’axe des abscisses indiquent toutes deux un ordre décroissant, mais Clauser précise qu’il l’a volontairement laissé ainsi afin de mettre le lecteur au défi de déterminer quel graphique est inversé. Voici le texte de Clauser, extrait de sa diapositive 9 :
Les deux graphiques sont identiques, à ceci près que l’un est inversé (de gauche à droite), le temps augmentant vers la gauche. (En y regardant de plus près, vous constaterez qu’ils sont symétriques.) J’affirme que si vous ne parvenez pas à distinguer le graphique correct de celui dont le temps est inversé, alors l’augmentation récente de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, telle que décrite par Lubchenco et Karl, n’est pas clairement étayée par leurs données. Lubchenko et Karl prétendent même que l’un de ces graphiques prédit une catastrophe climatique imminente ! Seriez-vous vraiment prêt à parier des milliards de dollars pour identifier celui qui prédit cette catastrophe ?
Clauser a conclu cette partie de sa présentation en qualifiant la conclusion de L&K de « pseudoscience frauduleuse ». Il s’agit d’une pseudoscience frauduleuse d’un genre particulier : affirmer sans ambages qu’un ensemble de données soutient une conclusion que ces mêmes données ne soutiennent manifestement pas, et s’attendre à ce que tout le monde acquiesce sans sourciller. Difficile de croire qu’avec toutes les données à leur disposition, L&K n’ait trouvé que cela pour prouver l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes. Mais c’est souvent ainsi que fonctionne la « climatologie ».
La présentation de John Clauser sur YouTube
La présentation de Clauser est désormais disponible sur YouTube. Visionnez-la ci-dessous :
Cet article a été initialement publié sur Manhattan Contrarian.

Francis Menton
Le 31 décembre 2015, Francis Menton a pris sa retraite après plus de 40 ans (dont 31 en tant qu’associé) au sein du cabinet d’avocats Willkie Farr & Gallagher LLP. Il peut désormais consacrer davantage de temps à son blog, Manhattan Contrarian. Il y publie des articles « rebelles » depuis le quartier de West Village à Manhattan, où, selon lui, les habitants souffrent d’une « orthodoxie politique et idéologique étouffante ». Vous pouvez suivre Francis Menton sur Twitter en cliquant sur ce lien.
Traduction : Eric Vieira
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