Le charbon, le combustible que l’on ignore, mais qu’on ne peut pas remplacer

Si vous pensez que le charbon appartient au passé… alors vous passez à côté de l’essentiel, qui est bien plus complexe et bien plus pertinent que ne le laissent entendre la plupart des gros titres, affirme Lars Schernikau, expert en énergie.

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Image créée par ChatGPT.

Lars Schernikau

Date: 10 avril 2026

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Depuis des années, le charbon a été traité comme une relique… un gros mot, quelque chose qui, nous disait-on, disparaîtrait discrètement lors de la « transition énergétique ».

Et pourtant, nous y voilà… La consommation mondiale de charbon n’a certainement pas diminué, bien au contraire, elle est  passée d’environ 6 milliards de tonnes en 2008 (date à laquelle j’ai écrit mon premier livre sur le charbon, « La Renaissance du charbon vapeur ») à environ 9 milliards de tonnes aujourd’hui. Sans parler du commerce maritime, qui a presque doublé ! La question n’est donc pas de savoir si le charbon disparaît comme on nous l’a dit, mais plutôt si nous avons mal compris le potentiel de cette précieuse roche noire.

Notre monde matériel repose sur quelque chose que nous évitons…

Nous aimons penser que nous vivons dans un monde numérique « propre » avec tous nos appareils, applications, intelligence artificielle et stockage cloud, mais notre monde physique est toujours là et doit également être pris en compte dans cette équation.

L’acier, le ciment, les métaux, les engrais… tant d’éléments nécessaires à la construction de nos vies modernes qui dépendent encore fortement, directement ou indirectement, du charbon.

Saviez-vous qu’environ  un tiers du charbon est utilisé non pas pour produire de l’électricité, mais pour l’industrie ?  En réalité, si l’on inclut l’électricité utilisée à des fins industrielles, plus de la moitié du charbon consommé dans le monde se fait par les industries qui assurent le fonctionnement de nos infrastructures et services essentiels.

  • La production d’acier,
  • La fabrication de ciment,
  • Les produits chimiques et engrais,
  • La chaleur industrielle haute température (également utilisée pour fabriquer le silicone destiné à ces panneaux solaires très populaires), et ainsi de suite.

Supprimer le charbon de ce système, c’est non seulement perdre de l’énergie, mais aussi la capacité de construire et d’améliorer notre environnement physique.

La réalité surprenante concernant l’électricité est que le charbon produit encore plus d’un tiers de l’électricité mondiale … non pas parce que le charbon est un choix à la mode, mais plutôt parce que cela fonctionne, que c’est « démocratique » et que c’est tellement bon marché !

Voyons pourquoi je dis cela :

  • Les centrales à charbon ne dépendent pas des conditions météorologiques. Elles ne s’arrêtent pas lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas.
  • Le charbon ne présente aucun risque d’explosion, vous pouvez stocker des mois de combustible dans votre jardin, et aucun système de stockage complexe ou de système auxiliaire n’est nécessaire, et il est disponible en abondance sans monopole régional.
  • Les centrales à charbon restent là, silencieuses et fiables, effectuant leur travail à moindre coût, heure après heure, année après année, décennie après décennie.

Et une centrale électrique au charbon moderne peut émettre moins de particules qu’un carrefour très fréquenté !

C’est aussi pourquoi, lorsque les systèmes énergétiques sont sous pression, le charbon ne cesse de réapparaître, même dans les pays qui prétendent l’avoir abandonné.

L’ampleur du charbon

Chaque année, l’humanité extrait environ 110 milliards de tonnes de ressources de la Terre, dont le charbon à lui seul compte pour environ 9 milliards de tonnes.

Près de  la moitié du trafic maritime mondial  est consacrée au transport d’énergie (sous forme de pétrole, de gaz et de charbon), d’un endroit à un autre. Le charbon n’est pas un combustible marginal : il représente l’un des principaux moteurs de l’économie mondiale, avec 1,5 milliard de tonnes transportées chaque année.

Vous avez sans doute déjà entendu l’argument selon lequel « on ne peut pas extraire du charbon indéfiniment », et c’est vrai, mais nous ne sommes pas près d’être à court de charbon ! Loin de là !

Selon la manière dont on le mesure, le monde compte :

  • plus de  100 ans de réserves prouvées et
  • des milliers d’années de ressources totalesque nous connaissons déjà aujourd’hui, soit 20 à 30 fois plus que le gaz, de pétrole ou d’uranium.

Le charbon est également répandu partout géographiquement, ce qui signifie qu’il n’est pas facile à contrôler, à perturber ou à « arrêter ». Du point de vue de la sécurité énergétique, c’est très important !

Figure 1 : Le charbon a une durée de vie de plus de 3 000 ans. Source : Schernikau Research

Figure 2 : Production mondiale de charbon. Source : Schernikau Research

Pendant ce temps, le monde continue de tourner

Alors que la Chine continue de développer ses capacités de production d’électricité à base de charbon à grande échelle, l’Inde prévoit d’importantes augmentations de sa production d’énergie à partir du charbon et l’Asie du Sud-Est dépend du charbon pour sa croissance.

Même les États-Unis reconsidèrent le rôle du charbon dans la stabilité de leurs réseaux électriques.

Et l’Europe alors ? On se tourne toujours vers le charbon dès que les systèmes sont mis à rude épreuve.

Durant ces périodes de crise, non seulement l’Inde, le Japon, les Philippines et les États-Unis, mais même l’Italie se sont tournés à nouveau vers le charbon.

Alors, quelle est la véritable histoire ?

Mon article de blog sur le charbon n’a pas pour but d’être « pour » ou « contre » quoi que ce soit.

Il s’agit de comprendre la réalité du charbon, c’est-à-dire que le charbon est :

  • profondément ancrés dans les systèmes industriels
  • structurellement lié et responsable de la fiabilité de l’électricité, et
  • toujours au cœur de la croissance mondiale et du développement économique

La vraie question n’est pas de savoir si le charbon est encore utilisé… mais si nous comprenons réellement ce que son remplacement nécessiterait.

Si vous pensez que le charbon appartient au passé… alors vous passez à côté de l’essentiel, qui est bien plus complexe et bien plus pertinent que ne le laissent entendre la plupart des gros titres.

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Ce résumé de l’article complet a été initialement publié sur wattsupwiththat.com le 6 avril 2026. L’article complet, intitulé « Le charbon nous éclaire… assistons-nous à une nouvelle renaissance du charbon ? » est disponible sur www.unpopular-truth.com. Pour une analyse approfondie des caractéristiques chimiques et physiques du charbon, consultez « Schernikau’s Coal Handbook » (le Manuel du charbon de Schernikau). 

Lars Schernikau

Lars Schernikau, docteur en sciences, possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur mondial de l’énergie et des matières premières. Il a débuté sa carrière au Boston Consulting Group aux États-Unis et en Allemagne, où, de 1997 à 2003, il a acquis une solide expertise des marchés internationaux du charbon, des minerais et de l’acier. Il a également géré un parc éolien en Allemagne pendant trois ans, ce qui lui a permis d’acquérir une expérience directe dans le domaine des énergies renouvelables.

En tant que cofondateur, actionnaire et ancien membre du conseil de surveillance de HMS Bergbau AG et d’IchorCoal NV – sociétés internationales de commercialisation et d’exploitation de matières premières –, Lars est devenu une autorité reconnue en matière d’économie énergétique mondiale. Il intervient régulièrement comme conférencier principal lors de forums internationaux sur l’énergie et les matières premières et conseille des gouvernements, des banques, des établissements d’enseignement et des entreprises sur la macroéconomie, les marchés et la politique énergétique.

Lars est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « La vérité qui fait polémique… sur l’électricité et l’avenir de l’énergie », qui analyse les réalités économiques de la transition du pétrole, du charbon et du gaz vers l’éolien, le solaire, le stockage et l’hydrogène. Il a également beaucoup écrit sur le charbon à coke et le charbon thermique, apportant des analyses fondées sur des données au débat énergétique mondial.

Traduction : Eric Vieira

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