Climate.us : Un signe que le débat sur le climat est loin d’être terminé

De nombreux commentateurs ont suggéré que les récents changements politiques marquent un tournant décisif dans le débat sur le climat. Ce serait une erreur, affirme Anthony Watts. Le projet Climate.us, par exemple, démontre qu’il existe toujours un réseau important déterminé à maintenir le discours dominant sur le climat.

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Climate.us Revival Shows Climate Debate Is Far From Over

Page d’accueil du nouveau site web Climate.us

Anthony Watts
Date: 28 juin 2026

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D’après un article du New York Times du 23 juin, intitulé « D’anciens employés de la NOAA font revivre le site Climate.gov fermé par l’administration Trump », un petit groupe d’anciens employés de la NOAA a recréé une grande partie de l’ancien site Climate.gov sous un nouveau nom de domaine, Climate.us, après sa fermeture par l’administration Trump. Le projet aurait mobilisé d’anciens employés de la NOAA, bénéficié d’un financement participatif d’environ 280 000 dollars et nécessité le minutieux travail de recatalogage de plus d’un millier de rapports, ensembles de données, articles et ressources pédagogiques.

Le Times présente cette initiative comme une restauration héroïque d’un précieux bien public. Peut-être. Mais on peut aussi l’envisager autrement.

Le fait qu’une poignée d’anciens fonctionnaires aient consacré beaucoup de temps et d’argent à la reconstruction d’un site web de communication sur le climat démontre ce que de nombreux observateurs ont compris depuis longtemps : le mouvement pour le climat ne disparaît pas simplement parce que le contexte politique a changé. Bien au contraire.

Cet épisode illustre surtout la détermination des réseaux de défense du climat à préserver et à perpétuer leur infrastructure institutionnelle, quel que soit le locataire de la Maison Blanche.

Qu’est-ce qui a été perdu exactement ?

Un détail de l’article du Times mérite une attention particulière : Kim Doster, directrice de la communication de la NOAA, a déclaré que les produits de recherche précédemment hébergés sur Climate.gov resteraient disponibles via NOAA.gov et les sites web affiliés.

Cela soulève une question évidente :  si les données sous-jacentes, les produits de recherche et les rapports continuent d’exister ailleurs dans l’écosystème web de la NOAA, alors qu’est-ce qui a été exactement « sauvegardé » ?

La solution semble moins résider dans la préservation de l’information scientifique brute que dans la préservation d’une présentation et d’une interprétation particulières de cette information, à des fins de promotion.

Climate.gov n’a jamais été un simple répertoire de relevés de température, de mesures satellitaires ou de statistiques sur les ouragans. Il s’agissait d’un portail de communication conçu pour vulgariser les sciences du climat. Comme le souligne le Times lui-même, ses partisans l’appréciaient car il s’adressait aux enseignants, aux journalistes et au grand public, et non exclusivement aux chercheurs. Autrement dit, c’était un outil de marketing climatique.

Cette distinction est importante. Les données scientifiques et la communication/promotion scientifique sont deux choses différentes. L’existence d’un site web consacré à l’interprétation des informations climatiques selon une perspective institutionnelle particulière ne rend pas automatiquement cette interprétation indispensable.

Le problème de la pertinence

Un autre point mérite d’être examiné. Une grande partie du matériel restauré a été créée à partir d’hypothèses, de projections et de récits qui peuvent ou non être pertinents au regard de la situation actuelle.

La climatologie évolue. Les ensembles de données changent, les méthodologies sont révisées, les modèles sont mis à jour ou abandonnés, et les prévisions sont ajustées. La simple reconstitution d’un site web archivé ne garantit pas que chaque article, ressource pédagogique ou document explicatif demeure utile ou exact au regard des observations actuelles.

En effet, l’un des problèmes récurrents de la communication sur le climat est la tendance à préserver des projections alarmistes longtemps après que les observations du monde réel ont complexifié le récit initial.

C’est pourquoi le scepticisme demeure important.  La question ne devrait jamais être de savoir si l’information peut être préservée, mais plutôt si elle reste pertinente, exacte et cohérente avec la réalité observée.

Archiver des documents, c’est facile. Les évaluer de manière critique est plus difficile.

La promotion du climat ne prend jamais de vacances

La leçon principale à tirer de cette histoire est davantage politique que scientifique. De nombreux commentateurs estiment que les récents changements politiques marquent un tournant décisif dans le débat climatique. La réduction des programmes fédéraux de lutte contre le changement climatique, la restructuration des agences et le réexamen de diverses politiques climatiques ont conduit certains observateurs à conclure que l’ère de l’alarmisme climatique touche à sa fin.

Ce serait une erreur. L’histoire nous montre que les mouvements construits sur des décennies ne disparaissent pas du jour au lendemain. La récente montée du socialisme irrationnel en est un parfait exemple.

Le projet Climate.us démontre qu’il existe toujours un important réseau de militants, d’anciens responsables, d’organisations de promotion, d’universitaires et de donateurs déterminés à maintenir le récit sur le climat, quels que soient les changements de priorités gouvernementales.

Quand une voie institutionnelle se ferme, une autre s’ouvre ; quand un site web disparaît, un autre apparaît ; quand une source de financement s’épuise, de nouvelles sources de financement émergent.

Ce n’est pas inhabituel. C’est ainsi que fonctionnent les mouvements politiques et idéologiques. Le mouvement pour le climat ne fait pas exception.

Un aperçu de la suite

Le contexte politique est en perpétuelle évolution ; quiconque pense que la situation politique actuelle restera inchangée indéfiniment n’a pas tenu compte de l’histoire.

  • Les administrations changent.
  • Les majorités au Congrès changent.
  • Les directions à la tête des agences changent.
  • Les priorités publiques évoluent.

Lorsque ces changements surviennent, les organisations de défense du climat seront en mesure d’agir avec détermination.  L’infrastructure est maintenue aujourd’hui précisément parce que ses partisans anticipent des opportunités futures.

C’est peut-être là le principal enseignement de cette histoire. Les personnes qui reconstruisent la plateforme de promotion de Climate.gov partent du principe que la politique climatique demeure un projet à long terme.

Ils ont probablement raison. De toute évidence, à leurs yeux, le débat n’est pas clos. Il entre simplement dans une nouvelle phase.

Pourquoi WUWT est important

C’est pourquoi des sites web comme Watts Up With That restent plus importants que jamais.

Le rôle de WUWT n’a jamais été de dissimuler des informations. Il a toujours été d’examiner les affirmations, de remettre en question les hypothèses, d’analyser les données et de poser des questions que de nombreuses organisations institutionnelles œuvrant pour le climat préféreraient ne pas entendre.

Cette mission devient encore plus importante à mesure que les efforts de communication sur le climat se centralisent et s’isolent des critiques.

  • Un contrôle indépendant est essentiel.
  • Les affirmations scientifiques méritent d’être examinées.
  • Les projections des modèles méritent d’être comparées aux observations.
  • Les propositions politiques méritent une analyse coûts-avantages.
  • Les communications publiques méritent une vérification des faits.

Ces responsabilités ne disparaissent pas lorsque les circonstances politiques semblent favorables aux climatosceptiques.

S’il y a quelque chose à retenir, c’est que l’analyse sceptique doit rester vigilante.

La renaissance de Climate.gov sous un autre nom nous rappelle que les infrastructures de promotion pour le climat sont résilientes et persistantes. Les partisans de l’alarmisme climatique déploient des efforts considérables pour préserver les récits, les ressources pédagogiques et les canaux de communication qu’ils jugent essentiels.

Ceux qui sont favorables à un débat ouvert, à la transparence et à un examen rigoureux des affirmations climatiques devraient s’engager tout autant à préserver les institutions qui fournissent une analyse critique et des points de vue alternatifs.

Car une chose est sûre : le débat sur le climat ne va pas disparaître, il attend simplement un changement du contexte politique.

Les fortunes politiques fluctuent. Les administrations se succèdent. Les priorités gouvernementales évoluent, mais le débat de fond sur l’interprétation, la communication et l’utilisation des données scientifiques relatives au climat pour justifier les politiques publiques persistera.

Et lorsque le balancier politique oscillera inévitablement à nouveau, la pression en faveur de politiques climatiques et énergétiques ambitieuses reviendra probablement avec une vigueur renouvelée. C’est précisément pourquoi les voix sceptiques indépendantes doivent rester actives, engagées et prêtes à s’investir sur le long terme.

Nous fêterons le 20e anniversaire  de WUWT en novembre ; nous avons tout accompli sans subventions gouvernementales et nous avons survécu à l’oppression, à la démonétisation et au blacklistage par Google et d’autres moteurs de recherche.

Cet article a été initialement publié sur wattsupwiththat.com le 24 juin 2026.

Anthony Watts

Anthony Watts est chercheur principal en environnement et climat au « Heartland Institute ». M. Watts travaille dans le domaine de la météorologie depuis 1978, tant devant que derrière la caméra, en tant que présentateur météo à la télévision, et il présente actuellement des bulletins météo quotidiens à la radio. Il a créé des systèmes de présentation graphique des données météorologiques pour la télévision, des instruments météorologiques spécialisés, et a co-rédigé des articles évalués par des pairs sur les questions climatiques. Il gère le site web sur le climat le plus consulté au monde, le site primé wattsupwiththat.com.

Traduction : Eric Vieira

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