La croisade climatique britannique engendre un désastre économique
L’analyste énergétique Vijay Jayaraj explique comment la politique climatique du Royaume-Uni a fait grimper les prix de l’électricité, affaibli l’industrie et engendré de réelles difficultés économiques pour les familles britanniques.
Comment la politique climatique britannique compromet la prospérité
De l’autre côté de l’Atlantique, une catastrophe auto-infligée se déroule inexorablement. L’un des plus proches alliés des États-Unis, le Royaume-Uni, a renoncé à ses richesses énergétiques et à sa puissance industrielle.
Ce déclin n’est pas dû à une pénurie de capitaux, de capacités technologiques ou de ressources naturelles. Il résulte plutôt d’une politique climatique idéologiquement orientée qui a privilégié le symbolisme « vert » au détriment des réalités techniques.
Pendant des années, les politiciens se sont vantés de la capacité « comme leader mondial » du Royaume-Uni en matière d’énergies renouvelables. Ils ont brandi des statistiques montrant que l’éolien et le solaire produisaient la majeure partie de l’électricité, omettant opportunément de préciser que cela n’est possible que lorsque le vent souffle et que le soleil brille.
Lorsque la production d’électricité « verte » ne donne pas satisfaction, les contribuables britanniques financent les centrales à gaz naturel pour pallier les installations hors service et stabiliser le réseau. Ils paient également des « versements compensatoires » pour l’arrêt des éoliennes en cas de vent trop fort.
Les coûts cachés des énergies renouvelables « bon marché »
C’est là toute la supercherie du coût actualisé de l’énergie (LCOE), indicateur que les écologistes aiment tant brandir. Le LCOE exclut le coût exorbitant de l’équilibrage du réseau, de la production d’appoint, des compensations pour les restrictions, de l’extension du réseau de transport et des subventions – autant d’éléments nécessaires pour maintenir en vie cette illusion écologique.
Hausse des prix de l’énergie et précarité énergétique croissante
Dans la réalité – où les factures doivent être payées – le Royaume-Uni s’est imposé des tarifs d’électricité parmi les plus élevés au monde, jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux des États-Unis. Un tiers des Écossais vivent dans la précarité énergétique. Pourtant, le coût réel est occulté par les graphiques attrayants qui présentent des données manipulées, faisant passer l’éolien et le solaire pour des énergies bon marché.
Les plafonds tarifaires fixés par l’Office des marchés du gaz et de l’électricité britanniques sont désormais au cœur des conversations familiales, alimentées chaque hiver par l’angoisse liée aux choix de consommation. « Se chauffer ou se nourrir » n’est plus un slogan, mais une réalité vécue. Jadis une puissance motrice de la révolution industrielle, la Grande-Bretagne a honteusement imposé à ses citoyens la précarité énergétique. Les familles rationnent le chauffage tandis que les responsables politiques célèbrent les objectifs de décarbonation.
Un lecteur a confié au quotidien britannique The Independent qu’il ne chauffait qu’une seule pièce avec un poêle à bois, recréant ainsi le mode de vie du XIXe siècle, deux siècles plus tard. Telle est la « révolution industrielle verte » promise par des responsables incompétents de la politique énergétique.
Et pour quoi faire ? Pour que le Royaume-Uni puisse réduire sa contribution négligeable aux émissions mondiales de dioxyde de carbone inoffensif. Pendant ce temps, la Chine et l’Inde construisent des centrales à charbon pour alimenter les industries manufacturières exportées par ceux qui ont dilapidé la puissance industrielle britannique.
Comment la politique climatique britannique alimente la désindustrialisation
Face à une « taxe carbone » et à une réglementation excessive sur les émissions de dioxyde de carbone qui font artificiellement grimper le coût de l’énergie, les industriels n’ont d’autre choix que de partir. Les sidérurgistes sont à genoux, confrontés à des factures énergétiques qui ont explosé de plusieurs milliards, rendant l’acier britannique non compétitif face à ses concurrents étrangers, qui sont libres des contraintes de la neutralité carbone.
L’autodestruction de l’indépendance énergétique de la Grande-Bretagne
Nulle part ailleurs n’est cette folie plus flagrante qu’en mer du Nord. Pendant des décennies, le pétrole et le gaz naturel offshore ont été les fleurons de l’économie britannique, fournissant une énergie bon marché et fiable ainsi que des recettes permettant de financer les services publics.
Aujourd’hui, cette ressource est sacrifiée sur l’autel de la théologie climatique. Les taxes punitives imposées par le Premier ministre sur les profits exceptionnels et son refus d’octroyer de nouvelles licences ont anéanti l’exploitation énergétique en mer du Nord. Les investisseurs ont fui. Les plateformes sont en train d’être démantelées. Des milliers d’emplois qualifiés disparaissent.
La stratégie énergétique de la Norvège montre ce que la Grande-Bretagne aurait pu devenir
Comparons cela à la Norvège, voisine du Royaume-Uni, qui continue d’extraire du pétrole et du gaz naturel de la mer et de les vendre à des clients du monde entier, y compris le Royaume-Uni. Alors que la Grande-Bretagne démantèle sa souveraineté énergétique pour apaiser des mouvements comme « Extinction Rebellion », la Norvège enrichit ses citoyens et finance son fonds souverain.
Le contraste est humiliant. En 2024, le Royaume-Uni a importé plus de 50 % de son approvisionnement en gaz naturel de la Norvège.
Les défenseurs de cet effondrement britannique s’en prennent à tout sauf à la vérité. Ils accusent le Brexit et la guerre russo-ukrainienne. Ils invoquent une « récession mondiale », prétendant que la désindustrialisation du Royaume-Uni n’est pas un cas isolé. Mais la véritable raison de cet effondrement réside dans le programme « vert » prôné par la classe politique depuis vingt ans.
Ce fut un échec bipartisan. Les conservateurs ont courtisé l’électorat écologiste en interdisant la fracturation hydraulique et en diabolisant le diesel. Le Parti travailliste, quant à lui, a persisté dans cette voie avec des objectifs de neutralité carbone qui défient les lois de la physique et de l’économie. Ils ont construit un réseau électrique vulnérable aux aléas climatiques et coûteux pour l’utilisateur.
Une croisade verte qui engendre une véritable crise économique
La croisade menée pour éviter une catastrophe climatique future imaginaire a engendré un désastre économique bien réel dans le présent.
Ce commentaire a été initialement publié sur RealClear Markets le 21 janvier. La rédaction a ajouté des sous-titres pour une meilleure lisibilité.

Vijay Jayaraj
Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi que d’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’unité de recherche sur les océans en mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada. Traduction : Eric Vieira
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