Les États-Unis et l’Inde peuvent-ils conclure un accord énergétique « grandiose et prometteur »?
L’Inde n’a jamais vraiment adhéré à l’idée que les technologies éoliennes et solaires puissent soutenir une économie industrielle. Une alliance américano-indienne porterait un coup dur au lobby climatique corrompu, affirme Vijay Jayaraj.
La visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio en Inde a insufflé une dynamique diplomatique indispensable, mais il reste encore beaucoup à faire sur le front énergétique. Malgré l’engagement de l’Inde d’acheter pour 500 milliards de dollars de biens américains au cours des cinq prochaines années, la volonté affichée par Rubio de fournir « autant d’énergie » que l’Inde est disposée à acheter semble toujours d’actualité.
Washington et New Delhi affichent leur soutien indéfectible au pétrole, au gaz naturel et au charbon. Toutefois, les résultats de ce partenariat dans ce domaine restent modestes au regard des besoins des deux pays. Il s’agit désormais de transformer les premiers accords en actions concrètes qui servent les intérêts à long terme des deux nations.
Dylan Johnson, secrétaire d’État adjoint aux affaires publiques mondiales, a confirmé que le département de l’Énergie organisera plus tard cette année une réunion sur la sécurité énergétique à l’intention des représentants du Dialogue quadrilatéral de sécurité, un accord réunissant l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis. « Chaque pays mettra à profit ses ressources et capacités énergétiques spécifiques pour renforcer la résilience énergétique régionale », a-t-il déclaré.
Le sous-continent a besoin de sources d’énergie à grande échelle pour alimenter la croissance de centaines de millions de personnes accédant à la classe moyenne. Il est temps que les dirigeants indiens et américains cessent leurs manœuvres de diversion climatique.
L’énergie détermine l’avenir de l’Inde
L’Inde est confrontée à une réalité mathématique implacable : la croissance démographique, l’augmentation des revenus et le développement industriel maintiendront une demande en électricité croissante pendant des décennies. Bien qu’elle participe à la diplomatie climatique et au développement des énergies renouvelables, l’Inde n’a jamais sérieusement adhéré à l’idée que les technologies éoliennes et solaires puissent soutenir une économie industrielle.
L’Inde continue d’accroître sa production de charbon, d’approuver la construction de centrales électriques, accroît ses importations de pétrole et de gaz naturel et fonde son développement sur les hydrocarbures. Sa réussite repose sur un approvisionnement énergétique abondant pour la production d’électricité, de chaleur industrielle, de carburants pour le transport et pour l’industrie.
Le charbon demeure indispensable au secteur électrique indien car il permet une production d’électricité à grande échelle et pilotable. Le pays dispose de réserves nationales, les infrastructures nécessaires et d’un système industriel développé autour de l’énergie thermique.
Le gaz naturel, un complément du charbon et non un substitut, convient à certaines applications industrielles et à certains systèmes énergétiques nécessitant une réactivité opérationnelle et sert de matière première pour les produits pétrochimiques et les engrais.
Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur le marché du gaz en Inde : perspectives à l’horizon 2030, la consommation de gaz de l’Inde devrait augmenter d’environ 60 % d’ici 2030, et ses importations annuelles de gaz naturel liquéfié (GNL) devraient plus que doubler. Un tel rythme de croissance est exceptionnel pour une grande économie. Dans ce contexte, le gaz naturel américain offre une disponibilité garantie et une certaine stabilité géopolitique. Il permet d’éviter l’incertitude politique liée à la Russie, où les approvisionnements énergétiques s’accompagnent de coercition, et de réduire les risques associés au détroit d’Ormuz.
C’est important car la sécurité énergétique est synonyme de sécurité économique. Les exportations américaines peuvent soutenir la croissance productive au lieu d’alimenter une nouvelle vague d’inquiétudes liées aux importations pour les exploitants des réseaux de gaz de ville, des chaudières industrielles, des usines d’engrais et des centrales électriques indiennes.
Une belle et importante transaction énergétique ?
Pendant deux décennies, le complexe industriel climatique a fonctionné comme un immense gouvernement parallèle composé de bureaucrates non élus qui ont injecté des milliards de dollars dans des organisations non gouvernementales, le monde universitaire et les médias afin de fabriquer un consentement pour des politiques radicales anti-combustibles fossiles.
L’administration Trump a mis à mal ce système, déclarant que l’Amérique ne se mettrait pas en péril, ni les autres, avec une politique climatique déguisée en sagesse environnementale. En se retirant des accords internationaux restrictifs sur le climat et en gelant le financement de programmes inefficaces – et corrompus – elle a donné carte blanche aux producteurs d’énergie américains.
L’Inde a suivi la situation avec un vif intérêt. Les dirigeants indiens comprennent que les politiques énergétiques de la Californie et de l’Allemagne, fervents défenseurs de l’environnement, engendrent des prix élevés et des pénuries, soit exactement l’inverse des besoins du marché.
L’administration Biden précédente n’a cessé de harceler l’Inde au sujet de son « empreinte carbone », envoyant des émissaires sermonner les Indiens sur les prétendus dangers de la croissance économique. Cette ère de condescendance diplomatique est révolue.
Une alliance américano-indienne frapperait au cœur même du lobby climatique corrompu. En commercialisant des quantités massives de combustibles fossiles, elle briserait l’emprise sur la politique énergétique que les alarmistes climatiques cherchent depuis longtemps à pérenniser.
La visite de Rubio a ouvert la voie à une réflexion plus approfondie, au-delà des simples déclarations médiatiques, afin de bâtir un cadre pour un commerce de l’énergie sans précédent, susceptible de profiter aux travailleurs, aux familles et aux industries des deux pays. Cela enverrait un message clair que la sécurité énergétique vient d’abord, en espérant ainsi reléguer le modèle économique douteux de l’alarmisme climatique au niveau d’une anecdote historique.
Ce commentaire a été initialement publié dans le Washington Examiner le 1er juin 2026.

Vijay Jayaraj
Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi qu’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’Unité de Recherche sur les Océans en Mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.
Traduction : Eric Vieira
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