Remise en question de l’hypothèse du réchauffement climatique lié au CO2 : (13) Le réchauffement climatique entièrement dû à la diminution de l’albédo planétaire
Le réchauffement récent est-il dû à une réflexion moindre du rayonnement solaire par la Terre ? Deux chercheurs affirment que la baisse de l’albédo, et non le CO₂, est le principal facteur expliquant cette tendance thermique.
L‘un de mes premiers articles de cette série sur les remises en question de l’hypothèse du réchauffement climatique lié au CO₂, présentait une étude affirmant que l’effet de serre n’existe pas. Or, il semble que les mêmes auteurs aient contourné cette affirmation en proposant plutôt que le réchauffement climatique actuel pourrait entièrement s’expliquer par la diminution de l’albédo planétaire observée ces dernières décennies.
Dans un nouvel article, les chercheurs américains Ned Nikolov et Karl Zeller comparent les observations empiriques de l’albédo réalisées par les satellites CERES (Earth’s Radiant Energy System) aux résultats d’un modèle mathématique semi-empirique utilisé dans leurs travaux antérieurs. Dans ce modèle, les effets radiatifs inhérents à l’effet de serre sont remplacés par une relation thermodynamique entre la température de l’air, le rayonnement solaire et la pression atmosphérique, analogue au réchauffement de l’atmosphère par compression.
Nikolov et Zeller concluent que la diminution observée de l’albédo planétaire, conjuguée aux variations du rayonnement solaire (TSI), explique la totalité du réchauffement climatique et 83 % de la variabilité interannuelle de la température de l’air en surface. Ils constatent que les variations de température sont principalement dues aux variations d’albédo, le TSI n’y contribuant que marginalement.
L’albédo mesure la capacité de la Terre à réfléchir le rayonnement solaire incident. La fonte des neiges claires et de la banquise, due au réchauffement climatique, expose des surfaces plus sombres comme le sol, la roche et l’eau de mer, dont l’albédo est plus faible. Ces surfaces moins réfléchissantes absorbent davantage le rayonnement solaire, ce qui contribue à l’augmentation des températures.
Le même phénomène se produit avec les nuages bas, qui constituent la majeure partie de la couverture nuageuse terrestre. Les nuages bas, tels que les cumulus et les stratus, sont suffisamment épais pour réfléchir 30 à 60 % du rayonnement solaire qui les frappe vers l’espace ; ils agissent ainsi comme un parasol et contribuent normalement à refroidir la surface de la Terre. Cependant, une couverture nuageuse moins dense diminue l’albédo et entraîne donc un réchauffement.
La figure ci-dessous présente les mesures de l’albédo global effectuées par CERES entre 2000 et 2024, exprimées en pourcentage d’anomalie par rapport à la moyenne de la période 2001-2022.
La diminution de l’albédo depuis 2000 est d’environ 0,79 %, ce qui correspond à une augmentation du rayonnement solaire à ondes courtes absorbé de 2,7 watts par mètre carré sur cette période. Les deux chercheurs soulignent que cette absorption est très proche du forçage radiatif anthropique total de 2,72 watts par mètre carré estimé entre 1750 et 2019 par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dans son sixième rapport d’évaluation (AR6).
Source de toutes les images: Scienceunderattack.com
La baisse de l’albédo correspond à une réduction similaire de la couverture nuageuse basse, étudiée par trois scientifiques environnementaux allemands, dont j’ai parlé dans un article de 2025. Leurs données concernant la couverture nuageuse totale (courbe rouge) et la couverture nuageuse basse (courbe noire inférieure), calculées par les auteurs de l’étude à partir de deux ensembles distincts de données satellitaires, sont présentées dans la figure suivante. La diminution de la couverture nuageuse est particulièrement marquée aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord et sous les tropiques.
La figure suivante présente les mesures CERES du rayonnement solaire absorbé entre 2000 et 2024, ainsi que la température globale de l’air en surface, calculée comme la moyenne de six ensembles de données de température (HadCRUT5, GISTEMP4, NOAA Global, BEST, RSS et NOAA STAR). L’anomalie de température suit les variations du flux solaire absorbé avec un décalage moyen d’environ quatre mois. Nikolov et Zeller affirment que cette corrélation empirique étroite suggère que la température est directement influencée par le flux solaire absorbé.
Les chercheurs quantifient les effets individuels de l’albédo et de l’irradiance solaire totale (TSI) sur les températures de surface à l’aide de leur modèle mathématique semi-empirique. La figure ci-dessous compare les températures modélisées en fonction de chacun de ces deux facteurs aux observations. Il apparaît clairement que les variations de la TSI n’ont qu’un impact minime, tandis que les variations d’albédo déterminent l’évolution des températures.
Cette conclusion est également étayée par la figure suivante, qui représente la contribution modélisée à l’albédo et à l’irradiance solaire totale (TSI) séparément depuis 1981. Selon le modèle de Nikolov et Zeller, la faible contribution des variations de la TSI indique que le climat terrestre est 5,6 fois plus sensible aux variations de l’absorption solaire qu’aux variations de la TSI.
Cette estimation concorde avec les conclusions du physicien israélien Nir Shaviv, qui a étudié l’influence des cycles de l’irradiance solaire totale (TSI) sur plusieurs variables climatiques. Shaviv a constaté que le forçage solaire total du climat terrestre, incluant les effets indirects, est 5 à 7 fois supérieur à celui associé au réchauffement solaire direct. Un tel facteur d’amplification impliquerait que le climat est beaucoup plus sensible au rayonnement solaire qu’au CO₂. Parmi les différents mécanismes d’amplification indirecte possibles, Shaviv privilégie l’influence des rayons cosmiques sur la couverture nuageuse basse.
Néanmoins, l’observation d’une diminution de l’albédo ou d’une faible couverture nuageuse soulève la question de la poule et de l’œuf : la diminution de l’albédo est-elle la cause ou la conséquence du réchauffement actuel ? Si Nikolov et Zeller privilégient la première hypothèse, ils appellent également à une recherche interdisciplinaire à grande échelle sur les mécanismes physiques qui régissent l’albédo terrestre et la physique des nuages, afin de résoudre cette question.
Cet article de Ralph B. Alexander a été publié le 16 février sur le site : scienceunderattack.com.
Traduction : Eric Vieira
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