Le réchauffement climatique a permis l’émergence d’une puissance navale qui éclipsait les Vikings
Quelle civilisation a prospéré durant cette période médiévale chaude, et qu’est-ce qui lui a permis de s’élever et de prospérer, surpassant même les navigateurs vikings ? Dans cet article, Vijay Jayaraj examine les preuves et apporte des réponses.
La culture populaire regorge drames brutaux mettant en scène des Vikings grelottants, vêtus de fourrures, pillant des monastères britanniques et naviguant dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord. Pourtant, tandis que les Vikings peinaient à survivre sur les rivages dégelés du Groenland, une puissance maritime bien plus sophistiquée, riche et puissante émergeait sous le climat tropical du sud de l’Inde.
Il s’agissait de l’empire Chola.
À son apogée, entre 985 et 1044, cette dynastie exerçait une puissance telle que les expéditions des drakkars vikings ont l’air bien modestes. Les navires Chola étaient de véritables merveilles technologiques pour leur époque. Ces forteresses flottantes transportaient cavalerie, infanterie et provisions pour plusieurs semaines sur des milliers de kilomètres.
Les Cholas lancèrent une expédition navale contre l’empire de Srivijaya, une puissance maritime dominante établie sur le territoire qui allait devenir l’Indonésie et la péninsule malaise. Ce débarquement amphibie, mené à des milliers de kilomètres de leurs ports d’attache, représentait un exploit logistique comparable aux opérations navales actuelles. Ils renversèrent des rois, s’assurèrent le contrôle du détroit de Malacca, voie commerciale stratégique, et permirent aux guildes marchandes de commercer en toute sécurité entre le Moyen-Orient et la Chine. Sur terre, ils disposaient d’une armée permanente forte de milliers d’éléphants.
Les Cholas ont construit les majestueux temples vivants de la Grande Antiquité Chola, qui s’étendaient sur tout le sud de l’Inde et les îles voisines et sont aujourd’hui inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sans l’aide de machines modernes, des éléphants ont déplacé d’énormes rochers sur des distances allant jusqu’à 100 kilomètres.
La société Chola était comblée de main-d’œuvre, de nourriture et de richesses en abondance. Mais comment ?
Qu’est-ce qui a permis à une civilisation d’acquérir l’immense surplus calorique et économique nécessaire à la construction d’immenses monuments de pierre et au lancement d’armadas à travers l’océan Indien ? Une grande partie du mérite en revient au réchauffement climatique.
L’ascension de l’empire Chola coïncide parfaitement avec un phénomène climatique connu sous le nom de la période chaude médiévale – d’environ 900 à 1300 après J.-C.
Cette relation de cause à effet entre la chaleur et la prospérité des populations est une relation que le complexe industriel climatique choisit d’ignorer car elle perturbe son discours catastrophiste. Cependant, la chaleur alimente les moussons tropicales dont dépendait une économie agraire comme celle des Cholas, comme l’ont confirmé de récentes recherches scientifiques.
Les fluctuations de la mousson d’été indienne ont influencé l’agriculture et l’essor des grandes dynasties. La civilisation indienne a prospéré durant l’Optimum climatique romain, a connu des difficultés durant le Moyen Âge (une période de fragmentation politique), puis a atteint de nouveaux sommets sous les Chola et d’autres dynasties durant l’Optimum climatique médiéval.
L’empire Chola a prospéré grâce au réchauffement climatique que les militants modernes qualifient de menace existentielle. Dans le delta de la Cauvery, au cœur du territoire Chola, ce don du climat a transformé la région en un véritable « grenier à riz du Sud. » Trois récoltes par an étaient devenues la norme.
Grâce à des greniers débordants et à un trésor regorgeant de revenus, les empereurs Chola pouvaient se permettre de détourner la main-d’œuvre de l’agriculture de subsistance à l’ambition impériale. Les guildes commerciales novatrices des Chola prospéraient grâce aux surplus de marchandises – textiles, épices et céréales – qu’ils vendaient à la dynastie Song de Chine, un autre empire qui connut son apogée durant cette période chaude.
Nous sommes actuellement au cœur d’une nouvelle phase de réchauffement climatique, après la période de glaciation extrême du Petit Âge glaciaire qui s’est achevée au milieu du XIXe siècle. La production agricole mondiale a atteint des niveaux records à plusieurs reprises ces dernières décennies. L’Inde est redevenue un exportateur majeur de céréales. La Terre connaît un phénomène de « verdissement », car l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère fertilise les plantes et la hausse des températures ouvre de nouvelles perspectives de culture sous les latitudes nouvelles.
Pourtant, on nous incite à culpabiliser. Le charbon, le pétrole et le gaz naturel – des combustibles qui nous protègent des intempéries et alimentent nos économies – sont diabolisés. Les écologistes extrémistes prétendent que le climat idéal serait plus froid, comme ceux qui, entre les périodes chaudes, ont engendré la peste et la famine.
L’histoire de l’empire Chola témoigne de ce que l’ingéniosité humaine peut accomplir lorsque le climat est favorable. Leurs navires naviguaient sur une planète chaude et fertile, propice à la prospérité. Leurs temples furent bâtis par une société prospère et pleine de confiance. Leur civilisation suscitait l’admiration du monde entier.
De même, nous avons aujourd’hui devant nous un « âge d’or », à condition de ne pas nous laisser paralyser par la peur des conditions mêmes qui engendrent notre prospérité.
Ce commentaire a été initialement publié sur The Blaze le 7 janvier.

Vijay Jayaraj
Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi que d’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’unité de recherche sur les océans en mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.
Traduction : Eric Vieira
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