Modèles climatiques vs observations : tendances de la troposphère tropicale 1979-2025
Le climatologue Roy W. Spencer, PhD, examine les tendances de température de la troposphère tropicale entre (1979-2025) et constate un écart persistant entre les projections des modèles climatiques et les observations satellitaires et radiosondées. Son analyse soulève des questions quant à la sensibilité du climat et à la fiabilité des modèles.
À la suite de mon récent article sur l’évolution des températures de l’air en surface à l’échelle mondiale (1979-2025) et leur comparaison avec les modèles climatiques, voici une mise à jour d’une comparaison similaire pour les tendances des températures troposphériques tropicales, grâce aux tabulations établies par John Christy. Il s’agit également d’une mise à jour de mon article de blog, paru en 2013 et qui avait suscité un vif intérêt, intitulé « Échec cuisant ».
Comme vous le savez sans doute, les modèles climatiques indiquent que la plus forte réaction du système climatique au réchauffement dû à l’augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) (principalement le CO2 issu de la combustion des énergies fossiles) se produit dans la haute troposphère tropicale. Ce phénomène engendre le « point chaud tropical » anticipé par les modèles.
Bien que les grands fonds océaniques constituent le plus important réservoir d’énergie thermique du système climatique en période de réchauffement, ce signal est extrêmement faible (quelques centièmes de degré Celsius par décennie) et son incertitude est donc assez importante du point de vue observationnel. En revanche, la haute troposphère tropicale présente la plus forte variation de température dans les modèles climatiques (jusqu’à 0,5 degré Celsius par décennie).
Ceci est illustré dans le graphique suivant des tendances décennales de température issues de 39 modèles climatiques (barres rouges) comparées aux observations recueillies par radiosondes (ballons-sondes météorologiques), satellites et réanalyses de données mondiales (qui utilisent toutes sortes de données météorologiques disponibles).
La courbe de tendance des sondages (en vert) représente la moyenne de trois ensembles de données (la couverture des radiosondages dans les tropiques est très clairsemée) ; la courbe de tendance des réanalyses (en noir) provient de deux ensembles de données, et la courbe de tendance des données satellitaires (en bleu) est la moyenne de trois ensembles de données. Parmi tous les types de données d’observation, seules les données satellitaires offrent une couverture complète des tropiques.
Étonnamment, les 39 modèles climatiques présentent tous des tendances au réchauffement plus importantes que les trois catégories de données d’observation.
Série chronologique, 1979-2025
Si l’on compare le réchauffement moyen du modèle aux observations pour chaque année, on obtient la série chronologique suivante (notez que les données de réanalyse complètes pour 2025 ne sont pas encore disponibles) ; le code couleur reste le même que dans le graphique précédent :
L’année 2024, exceptionnellement chaude, reste marquante (probablement en raison d’une diminution de la couverture nuageuse laissant passer davantage de lumière solaire), mais en 2025, les satellites et les radiosondages indiquent un retour à la normale. Bien sûr, l’avenir demeure incertain.
« Et alors ? Personne ne vit dans la troposphère tropicale. »
Que se passe-t-il qui pourrait expliquer ces divergences, non seulement entre les modèles et les observations, mais aussi entre les différents modèles eux-mêmes ? Et pourquoi devrions-nous nous en soucier, puisque personne ne vit dans la troposphère tropicale ?
On pourrait dire la même chose des grands fonds océaniques (personne n’y vit), pourtant de nombreux climatologues les considèrent comme le « baromètre » le plus important du déséquilibre énergétique global positif du système climatique causé par l’augmentation des GES (et peut-être par des processus naturels… qui sait ?).
Le réchauffement excessif de la troposphère tropicale est sans aucun doute lié aux lacunes des modèles dans leur traitement les mouvements convectifs sous les tropiques, c’est-à-dire l’activité orageuse organisée qui transporte la chaleur de la surface en altitude. Cette « convection humide profonde » redistribue non seulement l’énergie thermique, mais aussi les nuages et la vapeur d’eau, deux éléments qui influent fortement sur la température de la troposphère tropicale. Si l’humidification de la couche inférieure de la troposphère en réponse au réchauffement contribue indubitablement à une rétroaction positive de la vapeur d’eau, la microphysique des précipitations détermine la quantité de vapeur d’eau présente dans le reste de la troposphère. Or, comme nous l’avons démontré il y a près de 30 ans, cela engendre d’importantes incertitudes quant à la rétroaction totale de la vapeur d’eau.
J’ai toujours pensé que l’absence de réchauffement tropical s’explique par une rétroaction positive de la vapeur d’eau trop forte, principal mécanisme d’amplification du réchauffement dans les modèles climatiques. Ces modèles corroborent d’ailleurs cette interprétation, car on sait depuis longtemps que ceux qui présentent le point chaud le plus marqué dans la haute troposphère sont généralement ceux qui présentent la rétroaction positive de la vapeur d’eau la plus importante.
Les modèles climatiques seront-ils un jour « corrigés » ?
Je trouve ironique que l’on prétend que les modèles climatiques reposent sur des « principes physiques » fondamentaux. Si c’était le cas, tous les modèles présenteraient la même sensibilité climatique à l’augmentation des gaz à effet de serre.
Mais ils ne le font pas.
La sensibilité climatique des modèles varie d’un facteur trois, une disparité qui persiste depuis plus de 30 ans. Cette disparité s’explique principalement par les différences entre les modèles concernant les processus de convection humide (nuages et vapeur d’eau), qui induisent des rétroactions positives.
Si les modélisateurs parvenaient à comprendre pourquoi leur traitement de la convection humide est erroné, les modèles produiraient alors un réchauffement plus conforme aux observations avec plus de cohérence entre eux.
Une grande partie de l’alarmisme climatique provient de publications scientifiques biaisées en faveur (1) des modèles qui produisent le réchauffement le plus important et (2) des augmentations excessives des émissions de GES (« scénarios SSP ») qu’elles supposent pour les projections climatiques les plus pessimistes. On sait désormais que ces scénarios sont excessifs par rapport aux taux observés d’émissions mondiales de GES (et à l’examinateur de notre rapport du DOE qui a affirmé que cette conclusion était erronée car je n’avais pas tenu compte des changements d’affectation des sols : non, j’ai retiré ces changements des scénarios SSP… la comparaison était tout à fait pertinente).
Enfin, je ne veux absolument pas donner l’impression d’être contre la modélisation climatique. Je pense simplement que ces modèles, en tant qu’outil d’orientation des politiques énergétiques, ont été mal utilisés.
Cet article a été publié le 13 janvier par le Dr Roy W. Spencer sur son site web drroyspencer.com.
Traduction: Eric Vieira
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