COP31 : le spectacle doit continuer

La COP31 en Turquie approche à grands pas (du 9 au 20 novembre). David Wojick explique ce qu’il faut surveiller. « Le début de la fin des COP pourrait même être à l’ordre du jour. »

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Source : COP31

David Wojick
Date : 3 novembre 2026

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La COP31 approche à grands pas, et même si vous pensez qu’elle est inutile, elle reste un spectacle qui vaut le détour.

Ce sont des négociateurs professionnels qui pourraient tout aussi bien passer onze jours de luxe à débattre de l’attribution des sièges pour le premier voyage habité vers Mars. Sans oublier l’immense salon international qui l’accompagne.

Voici donc quelques négociations intéressantes à suivre. Le début de la fin des COP pourrait même être à l’ordre du jour. L’agenda officiel importe peu, car des questions délicates ont la fâcheuse tendance à surgir. L’effet de surprise fait partie intégrante du spectacle. 

Plus d’argent

Tout d’abord, il y a le numéro annuel de PLUS D’ARGENT. Remarquez, aucun engagement financier n’est jamais mentionné, seulement de nouvelles façons d’en obtenir. Cette année, au moins deux « mécanismes de financement » sont à l’étude.

L’un de ces mécanismes s’appelle le « mécanisme de transition juste », où la transition en question est la fin hypothétique de l’utilisation des combustibles fossiles. L’idée est de financer les régions, les collectivités, les entreprises et les personnes qui seront pénalisées par cette transition, comme par exemple les travailleurs des champs pétrolifères qui se retrouveront au chômage lorsque nous cesserons d’utiliser le pétrole.

Cet organisme existe déjà au niveau de l’UE, ayant été créé vers 2021.

https://commission.europa.eu/topics/regional-and-urban-policy/just-transition-mechanism_en

La question qui sera débattue lors de la COP31 est celle de la création d’une version mondiale du mécanisme de transition juste.

Pacifique

Le deuxième mécanisme proposé est le « Service pour la résilience du Pacifique (PRF) », qui ne relève pas des activités climatiques des Nations Unies. L’Australie, qui vient de signer un traité PRF avec les Fidji, l’explique ainsi :

« Le PRF est le premier mécanisme de financement de la résilience communautaire dirigé, détenu et géré par les communautés du Pacifique. Il accordera des subventions pour l’adaptation au changement climatique, la préparation aux catastrophes et les projets de réparation des dommages. Il permettra de saisir les opportunités économiques offertes par les énergies propres grâce à des projets résilients menés par les communautés. »

https://www.foreignminister.gov.au/minister/penny-wong/media-release/australia-and-fiji-ratify-pacific-resilience-facility-treaty

Le rôle du PRF à la COP31 reste flou et fait l’objet de nombreuses spéculations.

On observe une multiplication des initiatives climatiques non onusiennes. Chacune d’elles repose sur le constat pertinent que les grandes réunions de l’ONU sont vouées à l’échec.

L’exemple le plus frappant est celui des efforts déployés pour élaborer des « feuilles de route » de transition énergétique pour chaque pays. Ce sujet est développé dans mon article intitulé « Le projet de transition énergétique est devenu un programme mondial ».

https://www.cfact.org/2026/08/24/the-transitioning-away-from-fossil-fuels-project-has-become-a-global-program/

Traité sur les combustibles fossiles

Une autre activité rogue consiste à élaborer un nouveau Traité sur les combustibles fossiles (TCF) imposant une sortie progressive de ces énergies, que les pays pourraient adopter (éventuellement selon une feuille de route). En tant que traité, le TCF serait un instrument juridiquement contraignant et exécutoire par les tribunaux. Le TCF dispose de sa propre organisation de promotion.

https://www.fossilfueltreaty.org/

Le plus intéressant est qu’un tel traité risque de déstabiliser le Programme des Nations Unies pour le climat. Ce programme onusien repose sur un traité existant, la Convention-cadre de 1992 sur les changements climatiques (CCCC). Le TCF pourrait concurrencer la CCCC, notamment pour les ressources financières et même en matière de juridiction. Le TCF pourrait même rendre la CCCC obsolète.

Ironiquement, le projet de feuille de route rogue a déraillé suite à une suggestion du président de la COP30. Le président de la COP31 a formulé une nouvelle proposition, baptisée « objectif d’électrification ». Cet objectif, au cœur de la COP31, repose sur l’engagement « 35 d’ici 2035 », qui vise à porter la part de l’électricité dans la consommation énergétique finale mondiale d’environ 20-23 % aujourd’hui à 35 % d’ici 2035. Il est fort probable que cette initiative devienne elle aussi une activité extra-onusienne.

La manière dont la COP31 gérera ces initiatives rogues est le véritable enjeu.

Traduction : Eric Vieira

 Cet article a été initialement publié sur CFACT le 30 octobre 2026.

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By |2026-11-02T21:11:14+01:00November 3, 2026|Comments Off on COP31 : le spectacle doit continuer
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