La lutte contre les incendies dans l’Union européenne : n’oublions pas la décennie d’échecs politiques en Californie
Que ce soit en Méditerranée ou dans l’Ouest américain, le discours autour des feux de forêt est devenu un bouclier commode pour les décideurs politiques : blâmer le « changement climatique », ignorer la dégradation structurelle, puis exiger davantage d’argent des contribuables pour maintenir un statu quo défaillant.
Ce cycle est aussi prévisible que tragique. En lisant les gros titres en provenance d’Europe — où les syndicats réclament à nouveau des financements massifs pour lutter contre la saison des feux de forêt qui s’annonce —, on a l’impression d’assister à une suite mal écrite d’une décennie d’échecs politiques ici en Californie.
Les parallèles sont frappants et révèlent une incompréhension fondamentale des véritables causes de ces catastrophes. Que ce soit en Méditerranée ou dans l’Ouest américain, ce discours est devenu un prétexte commode pour les décideurs politiques : incriminer le « changement climatique », ignorer les problèmes structurels et réclamer ensuite davantage d’argent public pour maintenir un statu quo défaillant.
C’est le même théâtre politique que nous observons depuis la saison des incendies de 2018, et pourtant, nous voici en 2026, ignorant toujours les leçons clairement et cliniquement exposées par l’Institut Hoover il y a des années.
L’illusion de la «préparation»
En Californie, nous avons passé des années à perfectionner l’art de la déclaration d’état d’urgence. Nous accélérons les projets, réaffectons les fonds et affirmons notre volonté de « résilience ». Pourtant, les problèmes fondamentaux identifiés par les chercheurs – le vieillissement et la négligence des infrastructures de services publics, et l’incapacité à gérer les combustibles forestiers – sont souvent relégués au second plan par rapport à l’image politique que revêt la réponse apportée.
Les analyses de l’incendie de Camp Fire de 2018 réalisées par l’Institut Hoover n’étaient pas de simples rétrospectives historiques ; elles constituaient des mises en garde. Elles mettaient en lumière une réalité que les responsables politiques cherchent désespérément à éviter : les incendies catastrophiques sont souvent la conséquence d’infrastructures centenaires vétustes et d’une paralysie réglementaire persistante.
En Californie, la réponse à la crise des assurances qui a suivi – conséquence d’années de sous-évaluation des risques et de contrôles tarifaires excessifs – a considérablement affaibli le marché privé. Lorsqu’on oblige les assureurs à subventionner les risques, ils finissent par se retirer. Il n’en résulte pas un État plus sûr ; c’est un État où le public doit de plus en plus supporter le fardeau d’une exposition non maîtrisée et non tarifée.
Le Miroir Européen
Aujourd’hui, l’Union européenne suit exactement la même voie. Le récent déploiement par l’UE d’un nombre record de pompiers et d’avions est présenté comme un triomphe de la « solidarité européenne ». Si le courage des personnes en première ligne est indéniable, cette approche relève de la gestion réactive. C’est une stratégie « d’attendre et de prier ».
Lorsque les syndicats réclament davantage de fonds pour l’équipement et le personnel sans s’attaquer aux politiques de gestion du territoire ni aux incitations économiques qui favorisent le développement dans les zones à haut risque, ils versent simplement des ressources dans une bourse sans fond. L’UE, comme la Californie, est confrontée à une réalité budgétaire où les marges de manœuvre sont inexistantes. Chaque euro consacré à une réponse d’urgence qui ne s’attaque pas aux causes profondes du problème est un euro soustrait à la croissance économique, à la modernisation des infrastructures ou à une véritable restauration environnementale à long terme.
Le coût de l’ignorance de la réalité
L’analyse critique des échecs politiques de la Californie par l’Institut Hoover repose sur une vérité incontestable : privilégier le discours politique au détriment des réalités économiques et scientifiques conduit inévitablement à une crise dont le coût ne cesse d’augmenter.
Nous l’avons constaté lors des saisons des feux de 2024 et 2025 à Los Angeles et dans les régions environnantes.
Malgré des investissements massifs dans la lutte contre les incendies, ces derniers continuent de repousser les limites de notre urbanisation tentaculaire, révélant les failles de notre planification et notre incapacité à renforcer la sécurité de nos propres communautés. Nous dépendons encore d’un système où les ressources publiques sont censées pallier les défaillances du secteur privé en matière de gestion des risques.
Si l’Europe continue de suivre le modèle californien — en traitant les incendies comme un problème purement logistique à résoudre par une augmentation des dépenses publiques, plutôt que comme un problème de gestion des terres et de réglementation à résoudre par des incitations fondées sur le marché et un entretien rigoureux des infrastructures —, elle se retrouvera inévitablement confrontée au même précipice budgétaire que nous traversons actuellement.
Un appel sur le fond plutôt que de la rhétorique
Il est temps d’arrêter de réclamer toujours plus d’argent et d’entamer le travail difficile des réformes structurelles. Cela signifie :
Dissocier la politique de la panique : s’éloigner du cycle de financement d’urgence et s’orienter vers des programmes de gestion forestière autonomes et à long terme.
Responsabilité en matière d’infrastructures : Traiter l’entretien des services publics comme la question primordiale de sécurité des personnes qu’il représente, plutôt que comme une simple formalité réglementaire.
Économie fondée sur le risque : permettre aux marchés de l’assurance de refléter les risques réels liés à la vie à l’interface entre les zones sauvages et les zones urbaines. Si l’assurance est trop coûteuse, la construction y est trop dangereuse.
Utilisation prudente des terres : mettre fin à la tendance consistant à autoriser le développement dans les zones à haut risque d’incendie, sauf si ces communautés sont physiquement renforcées pour survivre à l’inévitable.
Les incendies de la dernière décennie n’étaient pas simplement des catastrophes naturelles ; c’étaient des actes de négligence.
Si nous continuons à ignorer les preuves, non seulement nous ne parvenons pas à protéger nos maisons et nos forêts, mais nous provoquons délibérément la prochaine catastrophe, nous assurant ainsi de nous retrouver dans la même situation l’année prochaine, à mendier des fonds pour un incendie qui aurait dû être évité dès le départ.
La solution n’est pas d’augmenter les dépenses, mais de faire preuve de plus de bon sens. Quand est-ce que nos dirigeants cesseront de chercher la prochaine enveloppe budgétaire d’urgence et commenceront-ils à examiner la situation dans son ensemble : les cartes, les infrastructures et les incitations qui nous ont menés à cette situation critique ?
Note de la rédaction : Voici quelques-unes des sources de l’Institut Hoover mentionnées ci-dessus.
https://www.hoover.org/research/california-burning-causes-and-way-forward
https://www.hoover.org/research/californias-forest-fire-tragedy
Cet article a été initialement publié sur wattsupwiththat.com le 27 juin 2026.
Traduction : Eric Vieira
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