La nouvelle secrétaire d’État britannique à l’Énergie : est-elle encore plus folle que Mad Ed ?

La nouvelle secrétaire à l’Énergie du Royaume-Uni, Miatta Fahnbulleh, souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Climate Intelligence (Clintel) is an independent foundation informing people about climate change and climate policies.
Is Britain’s New Energy Secretary Even Crazier than Mad Ed?

Miatta Fahnbulleh. Source : https://www.gov.uk/

Eric Worrall
Date : 29 juillet 2026

SHARE:

La secrétaire à l’Énergie, Miatta Fahnbulleh, souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Extrait du Guardian :

Qui est Miatta Fahnbulleh, la nouvelle secrétaire d’État britannique à l’Énergie, connue pour ses idées radicales ?

La nomination de l’économiste qui dirigeait auparavant un think tank environnemental marque la poursuite de l’ère Miliband et de la décarbonation.

Sandra Laville, correspondente environmentale, jeudi 23 juillet, 2026 19.00 AEST

Dès ses premières 48 heures en tant que secrétaire à l’Énergie, Miatta Fahnbulleh a été confrontée à une décision politique épineuse qui l’attendait en priorité. Des manifestants de Fossil Free London l’ont accueillie devant ses nouveaux bureaux, déguisés en pompiers et brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : « On éteint déjà des incendies, n’en allumez pas de nouveaux. »

Les manifestants rassemblés mercredi devant le ministère de la Sécurité énergétique et de la Zéro émission nette (DESNZ) ne prenaient aucun risque quant à la véracité des rumeurs et exigeaient à haute voix que le nouveau secrétaire à l’Énergie abandonne tous les nouveaux forages.

Loin de constituer une rupture avec l’engagement de transition des énergies fossiles vers les énergies propres, la nomination de Fahnbulleh s’inscrit dans la continuité de l’ère Miliband, qui avait suscité des attaques de la droite en raison de sa mission de décarboner le secteur énergétique britannique d’ici 2030.

De 2017 à fin 2023, Fahnbulleh a dirigé un groupe de réflexion politique largement considéré comme la bible de la pensée économique radicale à travers le prisme du climat, de la justice sociale et de l’environnement.

La New Economics Foundation (NEF) a forgé l’expression « Green New Deal » pour désigner un ensemble de politiques visant à lutter contre la crise financière de 2008, le dérèglement climatique et la flambée des prix de l’énergie. À la tête de la NEF, Fahnbulleh a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de politiques économiques respectueuses de l’environnement et fondées sur la justice sociale.

En savoir plus : https://www.theguardian.com/politics/2026/jul/23/who-is-miatta-fahnbulleh-the-radical-thinking-new-uk-energy-secretary

Alors, quel genre d’économie radicale Miatta prône-t-elle ? Après dix minutes de discussions interminables et superficielles, j’ai demandé à Claude de dégager ses positions politiques :

Comment Miatta Fahnbulleh envisage-t-elle de redresser l’économie britannique ? Veuillez inclure des références.

J’ai fait une recherche sur le web, j’ai chargé des outils

Voici un résumé de la pensée économique de Miatta Fahnbulleh, tiré de ses écrits, de ses interviews et de ses déclarations publiques tout au long de sa carrière d’économiste et maintenant en tant que femme politique. 

Qui est-elle ?

Fahnbulleh est une économiste du développement et députée travailliste de Peckham (élue en 2024). Elle a dirigé la New Economics Foundation (NEF) de 2017 à 2023 et est actuellement ministre dans le cabinet d’Andy Burnham, suite à son accession au poste de Premier ministre en juillet 2026. Elle se décrit comme une « économiste hétérodoxe », ce qui signifie qu’elle rejette explicitement l’orthodoxie économique néolibérale dominante.

Le diagnostic : un modèle défectueux

Son point de départ est que le modèle économique britannique est fondamentalement dysfonctionnel, et non pas simplement en train de nécessiter quelques ajustements. Elle soutient que la stagnation salariale prolongée a poussé la patience du public à bout : « La tolérance du public face à un modèle économique injuste a atteint ses limites. » Elle prévient que cette pression finira par engendrer « une forme de représailles politiques » si elle n’est pas traitée de manière structurelle.

Ses solutions

Elle a organisé sa réflexion autour de plusieurs thèmes interdépendants :

Elle prône une politique industrielle interventionniste plutôt que le libre marché. Ses recherches doctorales portaient sur le rôle de l’intervention étatique dans le développement du Ghana et du Kenya, une conviction qu’elle portera dans la politique britannique. Elle estime que les gouvernements doivent activement façonner et orienter les marchés au lieu de laisser les choses se faire au hasard des forces du marché.

Décentralisation du pouvoir économique.  Elle défend ardemment l’autonomie régionale et locale, arguant que les collectivités connaissent mieux leurs propres besoins économiques que le gouvernement central. Elle a proposé d’accorder aux maires de véritables pouvoirs fiscaux et une autorité sur l’énergie et les transports. Elle présente cela comme une « économie territoriale », rejetant une politique nationale uniforme au profit de stratégies régionales adaptées.

Modèles de propriété alternatifs.  Plutôt qu’une renationalisation généralisée, elle privilégie le développement des coopératives, des mutuelles et de la propriété municipale. Elle se montre prudente quant à la renationalisation automatique des services publics privatisés par l’État, préférant des solutions « municipales et à but non lucratif » qu’elle juge plus réalistes.

Un New Deal vert et la neutralité carbone sont prioritaires. Elle a œuvré sans relâche pour une décarbonation rapide – notamment un « grand sprint » pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 – et soutient que la transition écologique doit être perçue comme une opportunité économique, et non comme un simple coût. Elle a plaidé pour une refonte des règles fiscales afin de permettre l’emprunt pour les investissements verts.

Politiques de redistribution. Elle soutient le contrôle des loyers, l’impôt sur la fortune, le plafonnement des prix des produits de première nécessité, un véritable salaire décent, la gratuité des services de garde d’enfants et d’aide sociale, ainsi que la réduction du temps de travail. Son discours privilégie systématiquement le vécu des citoyens ordinaires par rapport aux chiffres de croissance annoncés.

Réforme des règles budgétaires.  Elle a critiqué les règles budgétaires du Trésor, les jugeant excessivement restrictives et arguant qu’elles entravent les investissements publics nécessaires. Elle a suggéré de les remplacer par des « arbitres budgétaires » nommés par le gouvernement afin d’offrir une plus grande flexibilité.

Réforme des entreprises. Elle a plaidé pour que les entreprises aillent au-delà de la maximisation des profits à court terme et pour une plus grande participation démocratique et un engagement citoyen accru dans les décisions économiques.

Le cadre plus large

Dans l’ensemble, l’approche de Fahnbulleh est systémique plutôt que fragmentaire. Elle a déclaré que le problème ne réside pas seulement dans la mise en place de politiques inadaptées, mais aussi dans le fait qu’« il n’existe pas nécessairement une vision claire de ce à quoi pourrait ressembler une alternative », et a décrit son rôle comme celui de « formuler » cette alternative : un modèle économique post-néolibéral centré sur l’humain et la planète plutôt que sur la croissance comme fin en soi.

Sources utilisées par Claude :

Par Miatta Fahnbulleh | Fondation pour la nouvelle économie

Miatta Fahnbulleh, directrice de la New Economics Foundation, explique comment remplacer le modèle économique britannique défaillant  — New Statesman, 2018

L’ascension d’un économiste révolutionnaire  — Soal Magazine

L’histoire de Miatta Fahnbulleh — La voix économique du parti travailliste  — Trendos

L’extrémiste anti-croissance au sein du cabinet de Burnham  — Spiked, juillet 2026 (point de vue critique)

Miatta Fahnbulleh (homme politique) — Wikipédia

En savoir plus :  Claude.ai

Il me semble raisonnable d’interpréter tout cela comme suit : Miatta estime que le problème de la Grande-Bretagne réside dans un communisme insuffisant. Elle semble rejeter les idées économiques orthodoxes telles que la rigueur budgétaire et la prospérité par la propriété privée, et pense qu’une intervention accrue de l’État et une décentralisation du pouvoir vers les collectivités locales permettront de rétablir la prospérité britannique.

En 2018, Miatta déclarait : « On dit que l’économie ne fonctionne pas, mais on n’a pas forcément une idée précise de ce à quoi pourrait ressembler une alternative… Notre rôle est de commencer à la définir. » Je ne pense pas que nous ayons besoin que Miatta s’explique ; le XXe siècle regorge d’exemples de ce à quoi ressemblera l’avenir de la Grande-Bretagne si elle parvient à mettre en œuvre ses idées recyclées.

Soviétiques

Même les Soviétiques ont fini par comprendre que le collectivisme détruit la prospérité, tandis que la propriété privée et l’appropriation individuelle l’accroissent. Les petites parcelles privées où les paysans soviétiques pouvaient cultiver leurs propres terres et les vendre au prix du marché ont toujours largement surpassé la production des fermes collectives d’État.

La Chine l’a également compris : sa prospérité actuelle est le fruit des réformes capitalistes de Deng Xiaoping et de la légalisation de la propriété privée. Comme l’a si bien dit Deng lorsqu’on l’a interrogé sur ses réformes de libre marché : « Peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, s’il attrape des souris, c’est un bon chat. »

Quant au rejet de la discipline budgétaire, la Turquie a éssayé cela récemment – et s’est retrouvée avec un taux d’inflation proche de trois chiffres et une monnaie qui s’est effondrée, passant de 3,65 lires pour un dollar en 2017 à 47 lires pour un dollar aujourd’hui.

La décentralisation du pouvoir vers de petits comités locaux : c’est ainsi que les présidents Chavez et Maduro se sont emparés du pouvoir au Venezuela et l’ont conservé, du moins jusqu’à l’arrestation de Maduro par Trump. Il s’avère qu’une hiérarchie complexe de comités, s’étendant des citoyens ordinaires aux plus hauts dirigeants, est certes utile pour maintenir une façade de gouvernement représentatif, mais en pratique, elle est bien plus facile à manipuler qu’une véritable démocratie ou république représentative où les représentants fédéraux sont élus directement par le peuple. Ces comités à plusieurs niveaux sont avantageux pour ceux qui sont au pouvoir, mais ils sont inefficaces pour assurer la prospérité. L’exemple vénézuélien montre que les plus démunis finissent généralement par devoir compléter leur alimentation avec ce qu’ils peuvent trouver dans les poubelles.

Radical

Une désindustrialisation radicale, pour quelque raison que ce soit, qui serait une conséquence inévitable de l’objectif de zéro émission nette d’ici 2030 – je ne pense pas avoir besoin de citer les exemples du XXe siècle qui montrent où cette idée a mené.

Les idées de Miatta n’ont rien de nouveau, si ce n’est peut-être son projet de regrouper toutes ces mauvaises idées en un seul ensemble de mesures politiques.

Mais nombre de jeunes électeurs, endoctrinés dès leur plus jeune âge par la BBC et ignorant tout du nombre de victimes du socialisme au XXe siècle, pourraient bien croire que les idées de Miatta représentent le leadership dont ils ont besoin. Car ils ignorent que de telles approches ont déjà été tentées.

L’enseignement de l’histoire – il nous manque que lorsqu’il se répète.

Cet article a été initialement publié sur wattsupwiththat.com le 25 juillet 2026.

Traduction : Eric Vieira

L’article que vous venez de lire a été rendu possible grâce à nos donateurs.

Clintel publie quotidiennement des articles sur le climat, l’énergie et les sciences. Nous traduisons et diffusons également des analyses internationales en plusieurs langues, produisons des vidéos, publions des rapports et organisons des conférences et des événements dans le monde entier.

Nous ne recevons aucun financement public et dépendons entièrement du soutien de nos donateurs. Votre soutien nous permet de promouvoir la recherche indépendante et de contribuer à un débat plus ouvert et équilibré sur les questions climatiques et énergétiques.

Souhaitez-vous soutenir notre travail ? Choisissez l’option qui vous convient le mieux :

  • Devenez Ami de Clintel – soutenez-nous par une contribution annuelle
  • Faites un don régulier   – apportez-nous un soutien continu et aidez-nous à planifier l’avenir
  • Faites un don ponctuel – chaque contribution compte

Merci pour votre soutien.

SHARE THIS ARTICLE:

Subscribe to our newsletter

Climate Intelligence Clintel

more news

Ridiculous Claim That Climate Change Is Destroying Children’s Summer Fun

Ridiculous Claim That Climate Change Is Destroying Children’s Summer Fun National Public Radio’s (NPR) claims that climate change is making outdoor play increasingly dangerous through heat, wildfire smoke, floods, and storms. This is ridiculous, says Anthony Watts. Source: Shutterstock Anthony Watts Date: [...]

By |2026-07-28T18:18:07+02:00July 29, 2026|Comments Off on La nouvelle secrétaire d’État britannique à l’Énergie : est-elle encore plus folle que Mad Ed ?
Go to Top